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Politique / Société & Santé

À Obasandjo: “Si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au porc de lui en donner la leçon”dixit Vlavonou

À Obasandjo: “Si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au porc de lui en donner la leçon”dixit Vlavonou

L’interview accordée par l’ancien président de la République Fédérale du Nigéria, Olusegun Obasanjo pour ne pas le nommer, à l’hebdomadaire panafricain “JEUNE AFRIQUE” continue de susciter la polémique. En effet, suite à la laconique réponse de Me Bastien Rafiou Salami pour dénoncer les propos tendancieux du général, l’honorable Louis Vlavonou est revenu à la charge dans un développement historique des relations de voisinage qui ont toujours caractérisé les deux États.

Reconnaissant l’absence de vision des chefs d’État successifs qui ont conduit la destinée du Dahomey et du Bénin, l’élu de la 22ème circonscription électorale sur la liste Union fait la Nation (UN) du président Amoussou affirme que le Nigéria qui a toujours accusé le Bénin de déstructurer son économie n’est pas non plus un exemple d’un État respectueux des accords de bon vosinage.

Pour preuve, le parlementaire s’est référé à l’histoire entre les deux peuples pour faire remarquer que le nom respect des accords de bon voisinage a été de tout temps l’apanage des deux pays. Et dans ce contexte, l’économie béninoise a été également mise en mal par le Nigéria.

L’élu de l’Union fait la Nation en veut pour preuve la “mort prématurée” des compagnies pétrolières installées au Bénin du fait de l’essence de contrebande alors qu’il y a un accord entre le Bénin et le Nigéria dans ce sens. L’honorable Louis Vlavonou a également évoqué le cas de la “BENINOISE” qui vaille que vaille s’efforce de se maintenir sur le marché à cause de la concurrence des boissons nigérianes comme “GOLDBERG, SANSANBRAU, TROPHY…”; la SONACOP sous assistance respiratoire de l’État béninois pour ne citer que ces exemples là.

L’élu du peuple en conclu pour dire que si le Bénin, en dépit des accords entre les deux États, continue à faire pénétrer au Nigéria les produits de réexportation, les produits congelés, l’huile végétale, etc… malgré l’interdiction, le même comportement s’observait également du côté du Nigéria et que par conséquent, le géant de l’Est n’est pas fondé pour nous faire la morale parce qu’il n’est plus un exemple en la matière.

Si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au porc de lui en donner la leçon”, conclut Louis Vlavonou qui s’insurge contre le fait que le Nigéria qui n’est pas non plus un exemple profite chaque fois de son “gigantisme ” pour s’imposer à nous. Lire ci-dessous l’intégralité du développement de l’élu du peuple.

Louis Vlavonou par rapport à l’interview de Obasanjo:

Le président OBASANJO ne dit rien de nouveau ; c’est ce qu’il a toujours répété depuis qu’il était au pouvoir. Il l’a martelé à maintes reprises au président KEREKOU jusqu’à fermer la frontière. D’autres prédécesseurs l’ont fait avant lui. Donc, les propos de l’ancien président nigérian ne s’adressent pas au gouvernement de la rupture. Tenez ! Lorsqu’il y a eu récession en 1984 au Nigeria, les frontières ont été unilatéralement fermées par le Général Mohamed BUHARI pour enrayer le développement de la contrebande par la création d’une zone de protection nationale qui devrait être dépourvue de tout approvisionnement en produits prohibés à l’importation et à l’exportation.

Ainsi, pour faire peur aux commerçants, le Nigeria a fait détruire tous les marchés frontaliers avec l’occupation de cet espace part d’importants contingents militaires et ceux-ci pouvaient tirer à vue sur tout contrebandier transportant des produits prohibés à l’intérieur de cette zone dite << border zone >>. Malgré la réouverture de la frontière en 1986 par le général BABAGUIDA, les choses n’avaient pas pour autant évolué puisque les autorités nigérianes n’avaient maintenu que deux voies légales par lesquelles les opérations d’importation et d’exportation peuvent s’effectuer en provenance ou à destination du Nigeria : il s’agit de l’axe Lagos-Igolo et de l’axe Lagos-Kraké. Il en a été de même avec le général Sanni ABACHA en 1995, OBASANJO en 1978-1979 et Shehu SHAGARI de 1979 à 1983. Le général Yacoubou GOWON en a aussi fait l’expérience pendant la guerre du BIAFRA de 1966 à 1975.

C’est seulement sous les mandats de Tafawa BALEWA (1960-1963) et Dr AZIKIWE (1963-1966) que le phénomène de fermeture de frontière ne semble pas retenir mon attention hormis les cas de bref séjour au pouvoir du général Mohamed MURITALA ( 1975-1976 ) , du général Ernest SHONEKA ( 1993 ), du général Abdul SALAM ( 1998-1999). Vous constatez que les gouvernements successifs du Nigeria depuis l’indépendance de ce pays le 1er octobre 1960, n’ont jamais fait de cadeau au Dahomey, puis au Bénin dès lors que la survie de son économie est en jeu.

Ce comportement des dirigeants nigérians depuis les indépendances n’est que révélateur de l’incapacité des dirigeants dahoméens , puis béninois à promouvoir une politique économique Responsable basée sur une agriculture moderne, source d’une industrie moderne transitant par les petites et moyennes industries. Pour lutter contre le commerce de réexportation, il y a eu en 1984, un accord quadripartite entre le Bénin, le Ghana, le Togo et le Nigeria. Aux termes de cet accord, << les autorités douanières des parties contractantes devront prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin au trafic illégal de devises.

Toutes les devises transportées doivent faire l’objet d’une déclaration à l’entrée du territoire . Les règlements entre deux ou plusieurs parties contractantes s’effectueront soit par l’intermédiaire de la chambre de compensation de l’Afrique de l’Ouest, soit dans une monnaie acceptée par les parties concernées, et ce, conformément aux législations en vigueur dans chacune d’elles. La détention des devises est soumise à la réglementation des changes en vigueur sur le territoire de chacune des parties contractantes.>> . Cependant, malgré ces accords quadripartites , le monnayage ne se fait-il pas au nez et à la barbe de tout le monde à toutes les frontières des pays parties à l’accord ? Ces dispositions sont-elles respectées ?

Au titre du même accord, le chapitre relatif à la surveillance des personnes, des marchandises et des moyens de transport , précise selon les dispositions de l’article 16 que << l’administration compétente des parties contractantes devra, à la demande expresse de l’une quelconque des parties, une surveillance spéciale sur :

– les déplacements, particulièrement à l’entrée et à la sortie de son territoire , de personnes que la partie requérante a des raisons de croire qu’elles se livrent habituellement a des activités contraires aux législations douanières du territoire de la partie requérante ;

– les mouvements de certaines marchandises particulières signalées par la partie requérante comme faisant l’objet de trafic illicite à destination ou à partir de son territoire ;

– des lieux particuliers de la partie requise où ont été constitués des stocks de marchandises qui, selon la partie requérante , alimenteraient un trafic illicite sur son territoire ;

– tout véhicule particulier , navire, aéronefs , ou autre moyen de transport dont on a des raisons de croire qu’ils sont utilisés pour commettre des infractions douanières sur le territoire de la partie requérante.

Au regard de ce qui précède, on constate aisément qu’aucune partie contractante ne respecte les dispositions citées supra . L’essence de contrebande en provenance du Nigéria entre librement au Bénin et les produits manufacturés interdits d’entrée au Nigeria y entrent aisément à partir des frontières béninoises par le truchement du commerce de réexportation .

L’ancien président du Nigeria n’est donc pas fondé pour affirmer que ce petit pays qui fait à peine l’État d’OGUN STATE dont la capitale est ABEOKUTA détruit l’économie de son pays. Car les principales compagnies pétrolières installées au BÉNIN ont fermé leurs portes à cause du Nigeria ; la BENINOISE résiste encore, mais ORYX a fermé à cause de TROPHY , SANSANBRAU , et GOGBERG …. en provenance du Nigeria.

La SONACOP est sous assistance respiratoire à cause du Nigeria. Le Nigeria a toujours considéré les pays francophones frontaliers comme destructeurs de son économie sans se mirer dans la glace. Profitant de son gigantisme, il a souvent imposé son diktat . C’est ce qui s’est passé avec l’affaire AMANI TIDJANI où unilatéralement , le Nigeria a fermé ses frontières avec le BÉNIN le 9 août 2003 pour ne l’ouvrir que le 15 août 2003 à 6heures après nous avoir imposé la signature d’un mémorandum d’entente .

Aux termes de ce mémorandum , une kyrielle de produits sont interdits d’entrée au Nigeria dont les huiles végétales , la farine de blé , les confiseries , les biscuits, les jus de fruits, les poulets congelés …malgré l’existence du mémorandum de l’accord quadripartite . En conclusion, si la cour du mouton est sale, il ne revient pas au porc de lui en donner la leçon.

Source :https://beninwebtv.com/2017/10/a-obasandjo-cour-mouton-sale-ne-revient-porc-de-lui-donner-lecondixit-vlavonou/

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