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Société & Santé

Bénin: à quelques semaines des examens nationaux en Licence, les candidats appellent Talon au secours

Bénin: à quelques semaines des examens nationaux en Licence, les candidats appellent Talon au secours

Les étudiants des établissements privés d’enseignement supérieur membres du patronat des établissements privés d’enseignement supérieur et de l’association des établissements privés d’enseignement supérieur (ADEPES) ne sont pas prêts pour les examens nationaux en Licence et Master exigés par le gouvernement en réponse aux réformes en cours dans le secteur de l’enseignement supérieur.

C’est du moins ce qu’ils ont exprimé ce mardi 05 Juillet 2017 lors d’un sit-in qu’ils ont organisé devant le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ceinturé pour la circonstance d’un détachement de forces de l’ordre.

Les manifestants protestent en effet contre l’entêtement de madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, madame Marie-Odile Atanasso à organiser les examens nationaux malgré toutes les explications fournies par les promoteurs d’établissements privés pour démontrer l’impertinence de cette mesure.

Face à la fermeture du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, les manifestants en appelle à l’implication du père de la nation, le président Patrice Talon. Lire ci-dessous l’intégralité de la motion lue au cours de leur manifestation.

Déclaration du collectif des étudiants membres du PEPES et de l’ADEPES:

– Considérant la constitution Béninoise de décembre 1990 qui garantit le droit  à l’éducation et à l’instruction pour tous,

– Considérant que notre cher pays, le Bénin, ne saurait se développer en marge des principes et normes internationales qui fondent les grands ensembles économiques,

– Considérant que conformément à la Directive N° 03/2007 de l’UEMOA du 4 juillet 2007 qui engage les Etats membres de l’UEMOA à adopter le système LMD,

– Considérant que pour se conformer à cette Directive, notre pays a adopté le système LMD par Décret N° 272 du 11 juin 2010,

– Considérant l’Arrêté N° 710 du 31 décembre 2012 portant organisation du Diplôme de Licence dans l’enseignement supérieur en République du Bénin,

– Considérant que ledit Arrêté 710 a clairement disposé de ce qui suit Article 20  « Les UE de chaque semestre doivent être évaluées. Le contrôle des apprentissages est organisé sous forme de contrôle continu et/ou terminal.L’examen terminal se déroule à la fin du semestre. » Article 21 : « Les modalités d’évaluation sont fixées par le règlement pédagogique de l’offre de formation. » Article 26 : « Une attestation de diplôme est délivrée aux apprenants trois (03) semaines au plus tard après la proclamation des résultats. Cette attestation est signée par le chef de l’établissement de formation concerné. » Article 27 : « Le diplôme de Licence est délivré sous le sceau et au nom de l’université concernée. Le ‘’supplément au diplôme’’ est annexé au diplôme. »

– Considérant le Décret 194 du 29 mars 2017 portant organisation des examens nationaux pour l’obtention du diplôme de Licence et de Master dans les établissements privés d’enseignement supérieur non homologués, décret qui remet en cause les fondements du système moderne LMD pour les seuls étudiants du sous-secteur privé de l’enseignement supérieur,

– Considérant la lettre-réponse du SG du CAMES à madame le ministre de l’enseignement supérieur du Bénin la renvoyant au référentiel 2009 du CAMES pour la formation LMD, référentiel 2009 rédigé par l ‘éminent Professeur béninois Fulbert GERO AMOUSSOUGA qui hélas, vient de nous quitter pour les félicités célestes et le Professeur Mouhamadou MERAWA,

– Considérant que ledit référentiel consacre égalementla semestrialisation des formations dans le système LMD et dispose que les Diplômes sont délivrés par les Chefs d’Etablissement sur proposition conforme des jurys,

– Considérant par ailleurs que le référentiel 2009 du CAMES dispose que les semestres 5 et 6 sont des semestres de professionnalisation qui s’achèvent par des stages et la rédaction d’un mémoire que l’apprenant doit soutenir devant jury ;

– Considérant l’institution par la Direction de l’Enseignement Supérieur d’une somme de 25.000 FCFA représentant les frais d’étude de dossiers des candidats auxdits examens nationaux ;

– Considérant  le caractère arbitraire de cette décision gouvernementale portant organisation des examens nationaux pour le diplôme de Licence et des faux frais institués aux motifs de frais d’étude de dossier ;

Comment pouvons nous comprendre que le ministère de l’enseignement supérieur du Bénin méconnaisse totalement ses actes fondateurs du système LMD et s’engage dans un passage en force de vente de programmes académiques non homologués conformément à l’article 28 de l’Arrêté 710 du 31 décembre 2012 et d’organisation d’examens dits nationaux discriminatoires et contraires aux normes internationales en matière d’enseignement supérieur ?

– Comment pouvons nous comprendre que, pendant que les pays qui aspirent vraiment au développement évoquent le binôme

« Formation-Emploi », le Bénin s’accroche au binôme avarié « Formation-Diplôme » qui plonge les pays davantage dans le sous-développement ?

– Attendu que la priorité du Chef de l’Etat à laquelle nous avons entièrement adhéré est la mise en place et l’opérationnalisation de l’Agence Nationale d’Assurance Qualité, et qu’au lieu de consacrer les efforts pour cela, le ministère de l’enseignement supérieur du Bénin n’a trouvé d’occupations que de réchauffer le Décret 818 du 31 décembre 2008contraire au LMD,

– Attendu que toutes les actions de communication entreprises par le ministère n’ont guère émoussé notre ardeur et notre détermination, et que, bien au contraire, lesdites actions révèlent la perte de sérénité des cadres qui ont induit le gouvernement en erreur par la signature du Décret 194 du 29 mars 2017 portant organisation des examens nationaux pour l’obtention du diplôme de Licence et de Master dans les établissements privés d’enseignement supérieur non homologués, Décret qui remet en cause les fondements du système moderne LMD pour les seuls étudiants du sous-secteur privé de l’enseignement supérieur,

– Qu’il y a lieu de constater que les instances de gouvernance actuelle du ministère de l’enseignement supérieur ont révélé éloquemment leur inaptitude à conduire les réformes annoncées par le Chef de l’Etat,

– Qu’il importe que le Chef de l’Etat prenne ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard et que les ministres d’Etat Abdoulaye BIO TCHANE et Pascal Irénée KOUPAKI et le ministre de la justice, le professeur Joseph Fifamè DJOGBENOU arrêtent le massacre et le drame qui se profilent à l’horizon. En tout état de cause, ils en assumeront la co-responsabilité devant l’histoire.

C’est pour manifester notre rejet de cette décision portant organisation des examens nationaux aux seuls candidats des établissements privés d’enseignement supérieur en année de Licence ainsi que les faux frais institués pour étudier les dossiers que nous, étudiants des Etablissements privés du Bénin, organisons le présent sit-in ce jour mardi 04 juillet 2017 au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique sous la direction du  Collectif des Associations des Etudiants des Etablissements  Privés de l’Enseignement supérieur (CAEEPES). Ainsi, nous demandons au gouvernement du Président TALON :

La suspension immédiate de la mesure improvisée d’organiser des examens nationaux de licence.

En tout état de cause, le collectif appelle à la mobilisation générale de tous les étudiants et des parents pour dire « NON » aux mesures improvisées contraires aux normes nationales et internationales.

En cas du maintien de la décision gouvernementale portant sur l’organisation des examens nationaux malgré nos cris de cœur et de détresse, le collectif demande à tous les camarades de se tenir également mobilisés pour des actions futures.

Nous devons poursuivre la lutte pour dire :

. « NON » à l’injustice,

. « NON » à la perception des impôts chez les étudiants,

. « NON » au rançonnement des pauvres étudiants,

. « NON » à la promotion de la précarisation et du chômage des jeunes,

. « OUI » pour une bonne formation.

Le collectif prend l’opinion publique nationale et internationale à témoin face aux conséquences fâcheuses qu’engendrera l’entêtement du gouvernement à ne pas satisfaire nos revendications

Vive le LMD !

Vive l’Éducation pour tous !

Seule la lutte paie !

Source: beninwebtv.com

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