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Politique

Bénin : sale temps en perspective pour le ministre de la santé et pour le régime Talon

Bénin : sale temps en perspective pour le ministre de la santé et pour le régime Talon

Au ministère de la santé, ça grogne. Le mécontentement des travailleurs, déjà latent, est parvenu à son paroxysme, obligeant les agents à observer un sit-in, hier, lundi 21 août 2017.Parmi la pléthore de revendications brandies, les travailleurs exigent la mise à leur disposition du rapport de la commission de réformes du secteur de la santé, tenu secret.

A l’avènement du régime du nouveau départ, le Chef de l’Etat a annoncé des réformes dans plusieurs domaines et dans quasiment tous les secteurs. Des commissions créées tous azimuts à cet effet, se sont effectivement mises à l’œuvre. Des rapports sanctionnant les travaux de ces commissions existent déjà. Ainsi, à l’instar des autres ministères, le secteur de la santé n’a pas échappé aux réformes souhaitées par le gouvernement. Seulement, il y a problème.

Le régime Talon entre dilatoire et mépris …

Comme dans beaucoup de secteurs où les vrais acteurs n’ont pas été associés dans le cadre des réformes, les spécialistes de la santé se plaignent aussi de n’avoir pas été associés aux réformes initiées. Or, nous sommes dans un domaine sensible où n’importe qui ne peut faire n’importe quoi. C’est pourquoi les travailleurs du ministère, après avoir ruminé leurs exigences pendant longtemps sans jamais obtenir gain de cause, ont décidé de passer à l’offensive.

Au motif que les premiers responsables du ministère ne se décident pas à leur prêter une oreille attentive, les agents de la santé ont observé un sit-in hier, lundi, 21 aout 2017. Au cours de leurs manifestations, les travailleurs ont exigé à nouveau de leurs responsables la satisfaction de certaines vieilles doléances restées toujours sans suite. Par ailleurs, les agents du ministère de la santé déplorent le comportement de certains de leurs responsables qui, à leurs yeux, affichent mépris et arrogance.

Tous ces griefs contre les responsables du ministère de la santé sont mentionnés à travers une plaquette revendicative adressée à qui de droit. Ainsi, les travailleurs, représenté par le Collectif des syndicats du secteur de la santé, fustigent « le dilatoire et le mépris du gouvernement béninois face aux nombreuses critiques formulées contre les propositions de la commission pour lesdites réformes ». Le syndicat « dénonce la dictature affichée du pouvoir en place qui méprise tous les acteurs sur son passage ».

Les travailleurs du ministère de la santé invitent alors « le peuple béninois à constater la mauvaise foi du gouvernement ».

Les tons se durcissent. Et ceci n’est pas un bon signe. Le ministre de la santé devra se préparer à passer des nuits « noires ». Et pas seulement le ministre de la santé. En effet, ce sont les revendications corporatistes sectorielles qui poussent souvent les centrales syndicales, farouches soutiens des syndicats maisons, à entrer dans la danse des grèves.

Vers une paralysie de tous les secteurs d’activité du pays ! 

Plus que le ministre de la santé, c’est alors tout le gouvernement qui doit se préparer à affronter très prochainement la grogne de tous les travailleurs béninois, car de nombreuses crises couvaient depuis longtemps dans nombre de secteurs de l’administration publique. Sempiternel reproche : la manière. Dans la quasi-totalité des secteurs embrassés par le gouvernement pour y opérer des réformes, il est aisé de se rendre compte que ce ne sont pas tant les réformes appelées et même mises en œuvre qui fâchent les travailleurs.

Ce qui mécontente les acteurs des différents secteurs soumis aux réformes est cette manie du gouvernement à ignorer parfois les vrais acteurs des domaines concernés. C’est ainsi que certains acteurs intervenant dans le secteur portuaire ont dû taper du poing sur la table avant que le pouvoir ne se décide à les écouter et à prendre leurs doléances en compte. Si tous les béninois ont reconnu la nécessité de libérer les espaces publics, on continue de grogner sur la méthode utilisée par le gouvernement dans sa volonté d’assainir notre cadre de vie.

Le secteur de l’éducation n’échappe pas à la propension du pouvoir à évoluer en cavalier seul dans les différentes réformes envisagées. Ici aussi, nombre d’acteurs sont marginalisés. Ceux qui essaient de hausser la voix sont considérés comme des ennemis du peuple. Conséquence, les réformes engagées dans le secteur de l’éducation battent de l’aile. Non pas qu’elles ne sont pas pertinentes. Loin s’en faut.

Le principal obstacle du régime Talon

Ces réformes peinent à convaincre parce que certains béninois se croient plus intelligents que d’autres et s’érigent en érudit dans certains domaines, alors qu’en réalité, ils ne maitrisent pas toujours le secteur pour lequel ils se prennent pour des champions. C’est là le principal obstacle du gouvernement dans les différentes réformes envisagées par le pouvoir de la rupture, réformes dont la pertinence de certaines, saute aux yeux.

Il revient donc au régime du nouveau départ de revoir sa méthode, sa méthodologie pour faire passer sans heurt ses réformes. Ce que demandent les acteurs des secteurs concernés par les réformes, c’est juste une collaboration avec le pouvoir en vue de placer leurs mots sur lesdites réformes. Ces acteurs ne demandent qu’à apporter leur pierre à l’édification d’un Bénin nouveau, conformément à la volonté affichée et maintes fois exprimée par le gouvernement de la rupture.

Source :https://beninwebtv.com/2017/08/benin-sale-temps-perspective-ministre-de-sante-regime-talon

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