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Bénin – UAC: le professeur Thiery Alavo évoque la mauvaise gestion sur le campus d’Abomey-Calavi

Bénin – UAC: le professeur Thiery Alavo évoque la mauvaise gestion sur le campus d’Abomey-Calavi

Pionnier de la lutte contre la corruption sur le campus de l’université d’Abomey Calavi, le professeur Thiery Alavo fut l’un des professeurs qui a le plus critiqué la gestion de l’ancienne équipe rectorale. 

Enseignement-Recherche; Directeur du Master en Entomologie appliquée; Directeur du Laboratoire d’Entomologie appliquée/Centre Edward Platzer , le Pr Thiery Alavo a accepté nous accorder un entretien exclusif sur ce qui l’oppose à l’ancien recteur Brice Sinsin.

Interview accordée par le Pr Thiery Alavo à BENIN WEB TV:

BWT : Bonjour Pr Thiery Alavo ; vous avez été l’un des professeurs qui a le plus critiqué la gestion de l’ancien recteur Brice SINSIN. Qu’est-ce que vous reprochez tant à votre Collègue ?

Thiery Alavo : Merci beaucoup cher journaliste, merci de vous préoccuper à la situation que nous vivons à l’université d’Abomey Calavi. Par rapport à la gestion du recteur Brice Sinsin, nous allons distinguer deux périodes : la première période correspond au premier mandat et la deuxième correspondant au deuxième mandat.

Au premier mandat, l’équipe rectorale a fait des efforts. Elle a amorcé des réformes ; on a vu des changements et c’est justement pour ça que presque unanimement, toute la communauté a décidé de lui accorder un deuxième mandat.

Ce que nous avons vécu pendant le deuxième mandat me fait dire aujourd’hui que les actions qui ont été amorcées au cours du premier mandat constituaient une sorte de pacotille qu’il fallait commencer à présenter à la communauté pour pouvoir avoir un deuxième mandat afin de ruiner l’université ; je pèse bien mes mots, afin de ruiner l’université.

Donc il s’agit d’un deuxième mandat catastrophique où absolument plus rien n’a été fait et ce deuxième mandat correspond à l’année blanche que mes étudiants ont eu. Des étudiants qui nont payé chacun 451 200 FCFA pour étudier ont connu une année blanche parce qu’il n’y a pas d’argent.

Donc pour moi, quand des gens payent et ne peuvent pas recevoir les enseignements qu’il faut parce que ces enseignants n’ont pas été payés, il n’y a pas de moyens pour acheter du matériel, les laboratoires sont vides, et que les étudiants qu’on devait former payent et que à cause de tout ça là ils vivent une année blanche, je ne peux pas être content de mon université et de cette équipe qui nous a spolié. C’est ce que je peux dire en bref de la gestion du recteur Brice Sinsin.

Le chargé de communication du rectorat de l’uac estime plutôt qu’il s’agit d’une querelle de personne entre vous et le recteur Brice SINSIN. Ce que j’ai appris, vous avez demandé un service en faveur de votre épouse et c’est parce que le recteur ne vous a pas rendu le service que vous vous acharné contre sa gestion. Qu’en dites -vous ?

Thiery Alavo : c’est une stratégie qu’ils ont adopté. Le fait de dire qu’on a demandé de faveur et qu’on a pas eu est une stratégie qu’ils ont eu pour détourner le problème. Je n’ai jamais demandé une faveur au recteur Brice Sinsin ; jamais. Ni pour mon travail, ni pour personne, jamais. J’ai appris à travailler dur. J’ai construit le labo dans lequel je travaille, le bâtiment 250 mètre carré ; moi j’ai appris à travailler. Donc je n’ai jamais demandé de faveur.

Le chargé de communication qui parle de ma femme qui est enseignante chercheur dans cette université et qui dit que on a bloqué le dossier de ma femme parce qu’elle voulait se présenter pour le concours du CAMES et le recteur aurait bloqué. Est-ce que le recteur peut bloquer quelqu’un pour s’inscrire au CAMES ?

Les règles du CAMES sont connues. Chaque enseignant pense que son dossier est prêt et fournit sa candidature et présente sa candidature. Il y a trois niveaux de contrôle. D’abord le conseil sectoriel et après la commission des experts qui vérifient le dossier de chaque candidat et les aide à monter le dossier ; et si quelqu’un n’est pas prêt, on lui demande d’attendre. C’est ce qui s’est passé pour tout le monde. Depuis l’avènement du recteur Awanou, c’est comme ça que ça se présente. Donc on présente. Comme ma femme n’était pas seule dans le cas, ils étaient nombreux dans tous les corps dans tous les grades. On leur conseille alors : vous n’avez pas encore l’ancienneté qu’il faut, vous attendez. C’est ce qui s’est passé. Ce n’est pas une faveur et le recteur n’a fait aucune faute dans ce domaine. Le recteur n’a bloqué personne ; le recteur n’a pas bloqué ma femme ni les autres collègues. Au contraire dans ce domaine-là le recteur à l’habitude d’écrire des papiers pour couvrir certaines faiblesses de certains collègues pour pouvoir les favoriser. Donc le recteur n’a jamais bloqué le dossier de quelqu’un ; c’est un faux problème.

BWT : le deuxième mandat du recteur Brice SINSIN est si calamiteux comme vous le dites et pourtant c’est au cours de ce mandat qu’il a réussi à décrocher beaucoup de distinctions et de prix pour l’Uac. Y a-t-il pas un contraste entre vos dires et les faits ?

Thiery Alavo : c’est des faux prix. C’est des faux prix. Même vous journaliste qui êtes là, si vous voulez faire la promotion de votre entreprise de presse, le réseau existe. Il suffit de contacter les gens, ils vont vous faire le budget qu’il faut ; billet d’avion, frais d’hôtel, le coût de l’objet d’art qu’ils vont vous décerner et les frais afférents, tout ça. Vous payez et puis vous arrivez quelque part dans une ville d’Europe et puis ont fait la photo avec deux ou trois blancs et puis vous revenez dire que j’ai reçu des prix de temps. C’est des faux prix que personne ne connait qui n’existe pas.

Parce que un prix, on lance une compétition. Il y a une institution qui lance la compétition et les candidats qui pensent qu’ils méritent ce prix, présente leur dossier. Des commissions étudient à divers niveau ces dossiers. Il y a des sciences de médecine et tout ça ; vous connaissez le prix Nobel de la paix ; vous connaissez le prix saccarol ; c’est des prix qui sont connus. Mais eux ils s’arrangent comme je vous l’ai expliqué pour dire nous avons reçu tel prix ou tel autre prix.

C’est un système de faux prix qui contribue à couvrir toutes les malversations qu’ils font.

Les sociétés d’Etat au Bénin, en Afrique, c’est connu ces prix -là. Allez -vous renseigner auprès des personnes qui ont été des directeurs de société d’état au Bénin, on les approche toujours pour dire nous pouvons vous donner le prix de meilleur gestionnaire. On vous envoie la facture et si vous êtes prêts, vous payez le billet d’avion, vous louez la salle dans laquelle vous allez recevoir le prix. On vous décerne un faux papier et vous venez faire la propagande avec ça. C’est ça qu’ils ont fait.

BWT ; Mais les accusations que vous portez sont assez graves, Monsieur le professeur. Avez-vous des preuves pour soutenir qu’il y a eu détournement de ressources au cours de ce dernier mandat du recteur Sinsin ?

Thiery Alavo : Mais bien sûr. Je suis professeur moi. Je suis le responsable du master en entomologie. Je connais le nombre d’étudiants que j’ai chaque année. Je sais combien chaque étudiant a versé comme frais de formation et d’inscription dans le compte de l’université et je sais combien on doit rétrocéder à la formation conformément à l’arrêté qu’eux-mêmes ils ont fixé. Alors, pour l’année 2015 – 2016, ils ont l’habitude selon leur propre calcul selon leur arrêté ; ils ont l’habitude de retenir entre 40 et 50 % des fonds versés par les étudiants.

Mais à notre grande surprise, 2015-2016 qui correspond à a deuxième année de son mandat, on nous écrit pour dire que nous devons de l’argent. Les formations, ce n’est pas seulement la formation que je dirige, c’est tous les établissements, toutes les formations de l’université. On nous écrit et on dit : « vous devez de l’argent ». Au titre de 2014-2015, vous devez de l’argent. Donc des recettes de 2015-2016, on va récupérer ce que vous nous devez.

Moi, connaissant le nombre d’étudiants que j’ai, connaissant le nombre d’étudiant qui ont payé, connaissant le montant total, les dépenses que j’ai eu à effectuer durant l’année à laquelle ils se réfèrent, j’ai dit que je ne dois rien. J’ai prouvé, j’ai écrit, j’ai envoyé toutes les quittances. Finalement comme ils ne pouvaient plus continuer à cacher la vérité, ils ont fini par nous réunir pour nous dire qu’ils ont dépensé l’argent pour régler tel ou tel problème et que nous devons accepter ça. Mais moi, j’ai dit non ; je ne peux pas accepter. Parce que les étudiants ont payé pour se faire former. Vous ne pouvez pas prendre leur argent pour faire autre chose que de les former. Tout ce que je dis, c’est documenter, c’est preuve à l’appui. Ils ne peuvent pas nier ; s’ils nient, nous allons présenter les pièces. C’est pourquoi j’ai souhaité que l’affaire soit déférée devant les tribunaux pour que chacun soit à l’aise.

BWT : Est ce qu’il vous est arrivé l’idée de saisir la hiérarchie, le ministre de l’enseignement supérieur par exemple pour lui présenter la situation qui prévaut dans la gestion de l’université d’Abomey Calavi ?

Pr Thiery Alavo : Quand j’ai fait des réclamations, j’ai donné des preuves, j’ai constaté que les étudiants déambulaient parce qu’ils ne faisaient pas des cours ou que des enseignants refusent de venir faire cours parce qu’ils n’ont pas été payé, tous ceux qui sont prêts pour soutenir leur mémoire ne le peuvent pas parce que toutes les soutenances qui ont été faites l’année précédente, les gens n’ont pas été payé et personne ne voulait siéger dans les jurys, j’ai commencé par faire des dénonciations dans les réseaux sociaux.

J’ai préféré les réseaux sociaux parce que lle Bénin est tel que quand vous écrivez officiellement, pour dire qu’il y a tel ou tel problème, ils activent leurs réseaux pour étouffer l’affaire. C’est pourquoi dans un premier temps je n’ai pas daigné écrire officiellement au ministre de l’enseignement supérieur, le ministre de tutelle. Donc j’ai fait des dénonciations sur les réseaux sociaux et ils ont mené pleins d’actions pour m’intimider, pour faire peur et tout. Ils ont fini par écrire au ministre de tutelle pour me présenter comme un délinquant qui n’a pas sa place à l’université et qu’il faut me renvoyer de l’université. Et là, quand ils ont écrit au ministre, ils ont commencé par faire pression au ministre pour me renvoyer ; mais madame Atanasso a été correcte ; elle a dit « non », je préfère l’écouter d’abord. Et elle a demandé que ses conseillers fassent tout pour m’inviter à une séance de travail avec son cabinet.

C’est ce qui a été fait en Mars 2017. J’ai eu une rencontre avec Marie Odile Atanasso et je lui ai expliqué tout verbalement et le lendemain j’ai écrit une plainte en bonne et due forme adressée à Madame la ministre avec toutes les preuves non seulement avec la formation que je dirige mais également avec quelques établissements qui d’urgence m’ont envoyé des documents qui prouvent que le rectorat leur doit beaucoup d’argent.

Après ça, le ministère a diligenté une commission d’enquête. Après il y a eu d’autres commissions d’enquêtes et selon les informations que j’ai reçu, le détournement est établi. Ils ont détourné de fonds, de gros sous. Maintenant il revient à la commission d’enquête de poursuivre les investigations pour savoir où ces fonds sont allés.

BWT : J’ai appris que vous avez tenu récemment une séance de travail avec les collaborateurs du ministre Atanasso en présence du recteur Brice Sinsin. De quoi il a été véritablement question ? C’est désormais la paix des braves ?

Pr Thiery Alavo : En réalité cette rencontre fait suite à la plainte que le recteur a réitéré au ministre pour lui faire part de son intention de me voir renvoyer de l’université. Le cabinet connaissant le problème m’a contacté et m’a demandé s’il y a eu d’autres développement depuis l dernière séance que nous avons tenue et le jour où j’ai manqué d’égard à son endroit publiquement. Je leur ai exposé les raisons de ma réaction et ils m’ont félicité d’avoir été pionnier dans lutte contre le détournement et la mal gouvernance à l’université d’Abomey Calvi. Et ils ont dit qu’ils vont notifier au recteur Brice Sinsin que ce qu’il demande ( de détruire ma carrière), que ça ne peut pas marcher. Ils ont ensuite dit qu’ils vont le convoquer et me convoquer aussi pour que je puisse lui dire face à face devant eux tous pour qu’il puisse se rendre compte lui-même que ce qu’il demande n’est pas faisable. Donc, c’est comme ça qu’on nous a reçu trois jours avant la passation de service avec son successeur. Et on nous a confronté et il a fait profil bas et il a dit que c’est maintenant qu’il comprit. Il ne savait pas que j’avais certaines informations ; et il a dit qu’il va essayer de régler certains problèmes même s’i n’est plus recteur.

BWT : Abordons à présent une recherche que vous approfondissez sur l’éradication du paludisme en Afrique. Vous venez de publier un ouvrage sur le sujet ; pensez- vous vraiment qu’il est possible de booster hors du continent africain le paludisme ?

Pr Thiery Alavo : excellente question. Scientifiquement, techniquement, ça doit aboutir, si nous le voulons. Parce que nous avons travaillé très fort pour développer les technologies qu’il faut pour attaquer les moustiques, vecteurs du paludisme. Vous n’êtes pas sans savoir que dans ce Bénin, on parle de moustiquaires imprégnés qu’on commande avec beaucoup d’argents et qu’on distribue. Malgré cette distribution avec grande échelle qui se fait très gratuitement. Le palu, l’incident du palu n’a jamais chuté mais on continue d’acheter à prix d’or des moustiquaires qu’on partage. Bien vrai qu’il faut dormir sous moustiquaire pour au moins se protéger contre les piqûres ; parce que si vous dormez et que les moustique viennent vous piquer et même si ça donne le palu, vous aurez du mal à dormir ; au moins pour ç a on peut dormir sous moustiquaire.

Mais avant de dormir sous moustiquaire vous êtes dehors ; les enfants jouent et après tout le monde tombe malade. Personnellement dans ma maison, dans ma famille, en l’espace de 5 ans presque personne n’a eu le palu ; parce que nous savons ce qu’il faut faire.  Ce que j’ai écrit dans mon livre…, c’est ça que nous pratiquons tous les jours pour nous protéger contre les piqures de moustique. Tant que vous n’êtes pas piqué par les moustiques, vous n’aurez jamais le palu.

Donc les moyens existent, les technologies existent et nous avons tout expliqué dans notre livre. Mais le gros problème c’est quoi ? Il y a problème à trois niveaux :

  • D’abord problème au niveau des fonctionnaires corrompus qui gagnent des ristournes par rapport à la lutte contre le palu. Quand on achète des moustiquaires, quand on achète des médicaments, toute action que l’Etat fait pour lutter contre le palu, les gens perçoivent des ristournes. C’est des insecticides chimiques , les moustiquaires imprégnés. Donc, ces fonctionnaires corrompus ont peur de perdre leurs privilèges, ils ne veulent pas encourager les initiatives moins chères, exploitables par n’importe qui, ils ne veulent pas encourager ça parce que ça les désavantage.

Les gens du ministère de la santé m’ont dit une fois : « mais si vous tuez tous les moustiques dans notre environnement, nous on va vivre de quoi s’il n’y a pas de palu ? » ; les gens m’ont dit ça au ministère de la santé.

  • L’autre problème, c’est au niveau gouvernemental. Le budget du Bénin ; quand on dit le budget national disons de 2000 Milliards ; de ce budget-là, il y a peut-être 100 Milliards ou 200 Milliards qui sont issus de la vente des produits liés au paludisme. Quand l’Etat achète des moustiquaires ou des médicaments, l’Etat prélève des impôts. Donc par exemple lorsque l’USAID veut donner un milliard au Bénin pour acheter des moustiquaires, le gouvernement lance des avis d’appel d’offre ; ceux qui gagnent achètent mais payent des impôts. Ces impôts-là rentrent dans le budget national. Donc le gouvernement n’a aucun intérêt dans les initiatives pour soulager les populations car il ne va pas gagner dans le bio insecticides que nous produisons dans le centre (le centre Edward Platzard. Donc de ce point de vue, le projet ne les intéressera pas.
  • A un niveau plus élevé, l’organisation mondiale de la santé. Savez-vous que l’OMS perçoit 3% de frais dits administratifs chez les compagnies pharmaceutiques. Ceux qui fabriquent les médicaments que nous avalons pour traiter le palu ; quand quelqu’un tombe malade et il va à la pharmacie pour acheter un médicament contre le palu, de ce montant-là, il y a 3% qui vont à l’OMS pour des frais dits administratifs. Donc ce que nous produisons ici, l’OMS ne peut prélever les frais dits administratifs ; donc ils ne vont jamais encourager les initiatives qui permettre de faire face à la lutte de façon moins chère.
  • Quand il y a conférence, j’ai participé au moins à une conférence sur le palu ; tous les coordonnateurs nationaux de lutte contre le palu de toute l’Afrique ont été invités et pris en charge : perdième, frais d’hôtel, frais d’avion par les compagnies pharmaceutiques ;ceux qui nous vendent les médicaments qu’on utilise. Et donc, quel intérêt le coordonnateur qui va décider qu’il faut utiliser le produit fait ici a s’il est soudoyé par les firmes pharmaceutiques ? Il va dire plutôt il faut utiliser insecticide chimique, il faut utiliser moustiquaires imprégnés, acheter tel ou tel produits fabriqués par les compagnies pharmaceutiques
  • Voilà donc ce qui fait que le paludisme ne peut pas être éradiqué en Afrique. C’est pour ça que au début avant de me lancer dans la rechercher des techniques de lutte contre le vecteur du paludisme afin de trouver les alternatives aux produits chimiques, je pensais que c’est un problème de technologie et qu’il faut travailler très fort pour mettre un produit à la disposition des béninois. Que les jeunes, beaucoup de jeunes cherchent du travail. J’ai formé plus de 100 jeunes ici qui sont capables de produire le bio insecticide pour tuer les moustiques.
  • Juste un peu de moyen et on va les installer dans les différentes communes et ils vont produire le bio insecticide et ce que j’ai appelé les brigades anti moustiques dans les communes vont utiliser ces produits et faire des pulvérisations dans les eaux stagnantes qui génèrent les moustiques. Ça ne coûte pas grand-chose ; mais on ne veut pas faire ça parce qu’on ne gagnera directement rien, il n’y a pas davantage égoïstes à percevoir à partir de cette technologie ;  c’est pour ça que c’est difficile. J’ai fini par comprendre que :
  • 1- il faut travailler pour trouver les technologies mais,
  • 2- il faut faire la lutte contre la corruption qui gangrène tous les secteurs. Mais je n’ai vraiment pas les moyens de lutter contre la corruption.

BWT : Monsieur le professeur, parlez- nous de votre rapport avec l’actuelle équipe rectorale.

Pr Thiery Alavo : Si vous lisez le programme de l’équipe qui a gagné les élections, toutes les propositions qu’ils ont fait dans leur programme sont contraires aux pratiques mises en place par le recteur Brice Sinsin. Ils ont dit l’argent versé par les étudiants sera automatiquement réparti par la banque. C’est-à-dire quand on sait que 1% doit aller au rectorat, 1% aux facultés, 1% aux formations, déjà au niveau de la banque, on fait la répartition pour que l’argent ne soit plus à portée du recteur pour qu’il soit obligé de dépenser l’argent des autres au point d’empêcher les étudiants de suivre leur formation ; ils ont proposé ça. Est-ce que ça va être fait ? je ne sais pas. Donc moi je regarde et on verra ce que ça va donner.

Il y a d’autres pratiques que j’ai observés. Moi, j’ai travaillé au Canada où j’ai vu les véhicules des professeurs de grandes universités. Mais dans mon pays où l’université n’a pas les moyens et où les étudiants s’assoient sur des briques ou sur leur moto à côté des fenêtres pour suivre des cours, un recteur se lève et achète des véhicules de fonction de 80 Millions et il en achète un certain nombre. Pendant ce temps, les étudiants qui ont payé cher n’ont pas les moyens pour travailler. Le chauffeur qui les conduit, c’est payé au frais de la princesse, même chose pour l’essence et ils ont primes exceptionnels octroyés par eux-mêmes…Il y a trop de milliards qui sont dépensés non pas pour la formation des étudiants mais pour des choses qui n’ont rien à voir avec la formation académique. Il y a trop d’anomalie dans l’orientation des dépenses. Si l’équipe qui est là a pris conscience de la situation et essaie faire comme elle l’a promis ; essaie de faire autrement, l’université d’Abomey Calavi ira mieux. Mais on ne peut pas compter sur la bonne volonté des individus. L’Etat, nous avons un gouvernement qui doit veiller au grain ; c’est pourquoi je suis content que le gouvernement ait décidé de créer un conseil d’administration à l’université d’Abomey Calavi. Ce conseil d’administration s’il est installé et que si c’est des gens de bonnes moralités qui sont choisis et qui ont le souci de l’intérêt général, toutes les anomalies que j’ai évoquées ne devraient plus avoir lieu. C’est pour ça que on va voir, on va suivre, on sera content si le gouvernement réalise les promesses d’installer un conseil d’administration afin que avant qu’on ne dépense 1F, on se demande est ce que c’est judicieux de faire cette dépense. Si on n’a pas du matériel dans un laboratoire pourquoi se décider d’acheter une voiture de fonction de haut de gamme au lieu de percevoir des primes de déplacement qui ne coûtent pas grand-chose. Donc il y a la bonne volonté des nouvelles autorités mais il y a aussi le gouvernement qui a l’obligation de faire quelque chose pour que l’université d’Abomey Calavi cesse d’être une zone de non droit.

Les étudiants versent annuellement 10 Milliards à l’université d’Abomey Calavi. Le salaire des enseignants est payé par le trésor public. Qu’est ce qu’on fait avec 10 Milliards annuellement pour qu’on manque encore d’argent pour former les étudiants ? C’est ça que je ne comprends pas. Donc le gouvernement doit suivre de très près ce qui se passe. Il faut fouiller pour savoir. Je ne comprends pas, pourquoi on est dans un pays où on vole l’argent public et puis on ne fait rien ; il faut que ça change.

BWT : Professeur Thiery Alavo, je vous remercie.

Source: https://beninwebtv.com/2018/03/benin-uac-professeur-thiery-alavo-evoque-mauvaise-gestion-campus-dabomey-calavi/

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