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Politique

Benirail: comment Boni Yayi et Mahamadou Issoufou ont inutilement ralenti le projet

Benirail: comment Boni Yayi et Mahamadou Issoufou ont inutilement ralenti le projet

L’émission « Ma Part de vérité » de Golfe télévision a reçu Dimanche 1er Octobre 2017, Paulin Vissoh, juriste consultant du groupe Petrolin de l’homme d’affaire béninois Samuel Dossou Aworet, initiateur du “projet Epine Dorsale”.

Invité par les confrères de Golfe Télévision, Paulin Vissoh est venu donner son interprétation de la décision rendue par la cour suprême le vendredi 29 Septembre 2017 ; une décision qui a rejeté les prétentions du partenaire stratégique (groupe Bolloré, une multinationale française) du groupe Petrolin dans la réalisation du projet du corridor ferroviaire reliant le Bénin au Niger.

Un projet économique au gré des péripéties sous le régime du changement

Tout est parti d’une initiative prise par un fils du pays de réaliser un projet panafricain de développement économique dénommé « PROJET ÉPINE DORSALE ». Un projet de plus de 1000 Milliards de francs CFA  en cinq (05) composantes : un port en eau profonde, pétrolier, minéralier et commercial à Sèmè-Podji (Bénin), d’une infrastructure ferroviaire opérationnelle de Cotonou à Parakou avec une extension prévue de Parakou à Dosso et Niamey (Niger), d’autant de ports secs que de besoin, notamment les ports secs de Parakou et Dosso  et d’un aéroport international à Kraké, à la frontière entre le Bénin et le Nigéria. Dans cet ensemble, le chemin de fer constitue la liaison indispensable entre le Port  Pétrolier, Minéralier et Commercial en Eau Profonde de Sèmè Podji et  le Port sec de Parakou en cours de construction par le Groupe Petrolin.

Un avis d’appel d’offre international a été remporté par le groupe Petrolin. Un avis de notification de l’adjudication du projet lui a été envoyé par les deux chefs d’Etat (Celui du Bénin, le président Boni Yayi et celui du Niger Mahamadou Issoufou).

C’est alors que subtilement, le groupe Bolloré fit son apparition.

Utilisant son influence, Vincent Bolloré va convaincre les deux chefs d’Etat (Boni Yayi du Bénin et Mahamadou Issoufou du Niger) qui vont demander au groupe Petrolin de prendre le groupe Bolloré comme un partenaire stratégique du projet. Ce qui fut fait. Un accord de confidentialité  fut signé entre les  deux groupes. Il faut rappeler qu’entre temps, le groupe Petrolin avait déjà effectué l’étude du projet qui lui a coûté une colossale somme d’argent. Dans ledit accord de confidentialité, il est clairement signifié au partenaire stratégique qu’il ne peut entreprendre aucune action sans se référer au groupe Petrolin.

Mais curieusement, lors de la seconde cérémonie de lancement officiel des travaux de construction de la voie ferroviaire Cotonou-Niamey le 08 Avril 2008 , Vincent Bolloré, président directeur général du groupe Bolloré dans l’une de ses déclarations a affirmé : « …Monsieur  Dossou Samuel, président du Groupe Petrolin a accepté de m’accompagner dans ce projet en investissant son argent».  Une déclaration incompréhensible à ce niveau du projet et qui a tôt fait de sortir les responsables du groupe Petrolin de leur gong. Ainsi, face à cette voie de fait dans laquelle le groupe Petrolin est en train d’être dessaisi du projet en faveur du groupe Bolloré avec la complicité du président Béninois d’alors et du président Nigérien, Samuel Dossou à décidé se référer au juge des référés pour faire cesser le trouble.

Jeux flous du président Boni Yayi et de son homologue Nigérien

En réalité, bien qu’une notification de l’adjudication du projet ait été notifiée au groupe Petrolin, les deux chefs d’Etat ont commencé une discussion avec le groupe Bolloré qui a carrément “photocopié” le projet du groupe Petrolin. C’est suite à cette voie de fait du gouvernement béninois et du partenaire stratégique qui a violé la clause de non entreprise de démarche parallèle contenue dans l’accord de confidentialité que le juge de référé fut saisi. Mais ce dernier se déclare incompétent en se prévalant du fait que l’accord signé entre le groupe Petrolin et le groupe Bolloré contient une clause compromissoire qui indique qu’en cas de désaccord, les deux partenaires règlent leur différend par voie de conciliation.

Face à ce refus de dire droit, le groupe Petrolin fait appel de la décision. Dans un arrêt rendu le 19 Novembre 2016, la cour d’appel de Cotonou a jugé que « les travaux entrepris par Bolloré Africa Logistics et les agissement de l’Etat béninois sont constitutifs de voie de fait et a ordonné la cessation par Bolloré Africa Logistics de tous travaux entrepris sur le site de l’OCBN à Cotonou sous astreinte combinatoire de 100 millions de FCFA par jour de résistance, ordonne à l’Etat béninois qu’à Bolloré Africa Logistics de s’abstenir de tous travaux sur les composantes du projet épine dorsale également sous astreinte de 100 Millions de FCFA par jour de résistance ».

Cette décision de la cour d’Appel a été en son temps balayée du revers de la main par le chef de l’Etat d’alors, le président Boni Yayi qui a affirmé en rendant visite aux cheminots de continuer les travaux et que l’Etat n’est pas engagé par cette décision.

Logiquement, après cette déclaration du prince de Tchaourou, le groupe Bolloré a pourvu en cassation la décision de la cour d’Appel. Nul n’est point besoin de rappeler que la cour suprême saisie par le groupe Bolloré a rendu la sentence le Vendredi 29 Septembre dernier. Et comme le Bénin continue d’être un pays de droit, François Bolloré a été débouté dans ses prétentions.

Enfin de l’ordre dans le désordre…

Sur Golfe Télévision ce matin, le consultant du groupe Petrolin, Paulin Vissoh a remercié la justice béninoise qui une fois de plus, a confirmé tout le bien qui est dit d’elle. Pour Paulin Vissoh, les différentes décisions rendues par les juges est une victoire du peuple béninois. A l’en croire, la décision de la cour suprême « est une justice rendue pour le peuple béninois qui doit être fier de sa justice… Dans un pays, quand la justice fonctionne, les opérateurs économiques ont confiance et n’ont pas peur d’investir…C’est une preuve palpable que nous avons une justice dans le pays » précise t-il.

Le consultant se dit d’autant plus heureux que la personne qui a perdu dans ce projet est un homme d’affaire trop puissant qui a ses méthodes qu’il décrit lui-même comme des méthodes commando. En effet, lors d’une déclaration sur les médias, François Bolloré a affirmé qu’en Afrique, il utilise des méthodes commandos pour écraser tout sur son chemin.

Paulin Vissoh a également remercié l’actuel chef de l’Etat, le président Patrice Talon qui avait affirmé : « Dans ce dossier, je laisse la justice faire son travail. C’est son job et elle sait bien le faire ».

Cette promesse de neutralité a été gardée par le président Patrice Talon qui certainement a subi des pressions d’autant plus que le Bénin fait parti du pré-carré français.

Ouvert malgré tout…

Maintenant que la méthode commando de François Bolloré a échoué, que réserve la suite du processus puisqu’il est partenaire stratégique du projet pour ne pas dire du groupe Petrolin?  A cette question, le juriste et consultant du groupe Petrolin, Paulin Vissoh affirme que le président directeur général du groupe Petrolin est un homme ouvert qui est prêt à discuter avec tous ceux qui sont interessés par le développement du Bénin. «Le groupe  Petrolin n’est pas un groupe va t’en guerre » a affirmé le consultant Paulin Vissoh. Pour lui, la discussion reste ouverte avec tous ceux qui sont interessés par le projet et qui peuvent faire preuve de sincérité dans ce partenariat.

En somme, après la péripétie traversée par le projet Epine dorsale dans sa composante de réhabilitation de corridor ferroviaire Cotonou-Niamey, le groupe Petrolin se dit prêt de rentrer très rapidement avec le gouvernement du président Patrice Talon pour le démarrage effectif de ce projet qui a connu assez de retard. Samuel Dossou Aworet se dit également prêt pour accompagner le programme d’action du gouvernement du président Talon dans la réalisation des projets. Un allié en perspective qui pourrait accompagner l’ambition du président Talon pour la restructuration structurelle et économique du Bénin.

Source :https://beninwebtv.com/2017/10/benirail-comment-boni-yayi-et-mahamadou-issoufou-ont-inutilement-ralenti-le-projet/

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