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Société & Santé

Emmanuel ZOSSOU-Oswald HOMEKY-Nazaire GNAHOUÉ: STARS D’UN JOUR

Emmanuel ZOSSOU-Oswald HOMEKY-Nazaire GNAHOUÉ: STARS D’UN JOUR

La communication officielle et officieuse a dit tout ce qu’il faut savoir sur l’édition 2018 du FIP (Festival international de Porto-Novo). L’opinion publique sait donc que l’événement a démarré officiellement en grande pompe samedi dernier, par une soirée riche en couleurs au Musée de Honmè. Autorités présentes, artistes ayant presté, discours prononcés, etc., les images et vidéos circulent abondamment et rendent fidèlement compte de la cérémonie d’ouverture, telle qu’elle s’est déroulée. Mais un événement de cette envergure, c’est d’abord ce qui se passe en public et est connu de tous, certes, mais c’est aussi et très souvent le côté coulisses…

En guise d’intro…

Le grand public qui a fait le déplacement du Musée de Honmè samedi dernier retiendra les grands moments de cette cérémonie d’ouverture. Faty est vite passée, sans doute trop vite. Personne n’oubliera le jeune artiste Slameur Gopal Das qui a appris à jouer dans la cour des grands, et qui le fait si bien. Ce petit génie de la scène, spécialiste du Slam en Goun, a réussi à émerveiller le public et à faire tordre de rire les autorités présentes, avec son ‘‘Sassigbé’’ qui a conquis tous les cœurs. Puis il y a eu la magie gutturale de ce trio musical terriblement talentueux : les TERIBA ! Zékiath, Carine, Tatiana, percussionnistes iconoclastes, ont percuté le cœur des mélomanes à travers une prestation qui ne sera pas sans répercussion sur les sollicitations de ce trio merveilleux sans artifices qui, somme toute, n’a plus rien à prouver. Que dire de plus, quand Nel Oliver chante et enchante son public. Le temps n’a aucune emprise, ni sur sa voix, ni sur son visage, ni sur son talent de dompteur de scène. Porto-Novo en a fait l’expérience. Puis, est venu le moment d’apporter une touche internationale à ce festival qui célèbre une ville devenue par sa richesse culturelle, patrimoine de l’Unesco. L’icone mondiale, Manu Dibango débarque, en chair et en os, Saxophone en main, démarche assurée. Les instants qui suivent sont magiques, indescriptibles. Il y a le titre culte Malaïka (qui a été repris par Myriam Makéba, ou encore Angélique Kidjo). Puis, il y a « Sango… ». Et enfin, cerise sur le gâteau. Les lumières sont éteintes. La lueur des téléphones prend le relai. Une ambiance de soir au village. La suite, ça ne s’explique pas au commun des mortels ; ça se vit. Une poésie musicale sans qualificatif, qui élève son public au rang d’esthète. Silence de sérénade. Exégèse des sens. Moments magiques. Les privilégiés qui ont vécu ces moments privilégiés se chargeront de rendre compte de la suite, pour la postérité…

Voilà pour le show artistique (pas en entier). Voilà pour les Stars de la scène. Parce que la cérémonie ne s’est pas déroulée véritablement dans cette chronologie. Il y a eu des intermèdes, notamment des discours. Prononcés par des Stars du jour, les stars d’un jour. Petites indiscrétions…

Emmanuel ZOSSOU : A tout seigneur tout honneur…

Le numéro 1 de la ville de Porto-Novo, c’est lui. Et il a tenu à le faire savoir. Sur le podium, Dany Vodji, l’un des deux présentateurs de la cérémonie (avec Sonia Agbantou), au moment de lancer le bal des allocutions, annonce le ministre de tutelle (Ministre de la culture), comme premier intervenant. A la tribune réservée aux autorités, le même exulte, fait des grands signes aux animateurs. Confusions. Petits réglages. Mises au point. Finalement, le tir est rectifié. C’est le maire qui doit le premier prendre la parole. C’est ce qui sera fait. Charité bien ordonnée. Le maire est accompagné au pupitre. Il déroule. Le contenu de son allocution plante le décor, distribue des éloges, notamment au gouvernement, dévoile les rêves pour la ville aux trois noms. On l’écoute et on comprend : un discours long, une forme d’incipit, qui ne pouvait passer qu’en première position. Applaudissements mérités à la fin. L’histoire commence par le bon début. Et continue de s’écrire…

Nazaire Gnahoué : Un acte grandiose en toute modestie

Il est fils de Porto-novo. Opérateur économique. Une des rares personnes qui a eu l’honneur de prendre la parole à cette cérémonie d’ouverture subtilement bien organisée. Un discours dont le public a surtout salué la brièveté. Il n’avait pas grand-chose à dire. Alors il a juste dit l’essentiel. Et l’on a retenu ce qu’il y avait à retenir : c’est Nazaire Gnahoué digne fils de Porto-Novo, ami de Manu Dibango, qui a fait des pieds et des mains (et surtout des poches) pour convaincre Manu à venir au Bénin donner un sens au caractère ‘‘International’’ du FIP. Manu est venu ; cela valait bien un discours de celui qui a rendu cette présence effective.

Oswald HOMEKY : un petit magicien de la politique

Il y a quelque chose d’incroyable qui se dégage de ce ministre, Oswald HOMEKY. Ce n’est pas seulement du charisme. Ce n’est pas seulement une aura incroyable pour son jeune âge. Ça ressemble à quelque chose d’inné. Comme si la politique coulait dans ses veines. Il fallait être à cette cérémonie d’ouverture du FIP2018 pour comprendre. Précisément au moment où le ministre en charge de la culture était au pupitre, pour son discours. Ce monsieur a quelque chose de singulier : il ne lit pas ses discours, ce qui le rapproche du public. Et il sait adapter ses mots à son auditoire. Samedi dernier, ses premiers mots étaient pour le couple présidentiel, ce qui a eu le don d’arracher un tonnerre d’applaudissements au public. Ensuite, même en son absence, il a rendu hommage au maître du terroir, Adrien Houngbédji, manquant de peu de mettre en transe toute la population présente. Il a ensuite cité les noms de deux de ses collègues du gouvernement présents, en insistant sur leur autre titre, ‘‘Premier vice-président du PRD’’ pour l’un, ‘‘Vice-Président du PRD pour l’autre. A ce moment, cela se voyait, Oswald HOMEKY avait le public dans la poche. Surtout que, originalité qui révèle tout le génie de cet orateur politique, le ministre de la culture citait chaque personnalité en insistant sur son patronyme indigène… Dès lors, le principal message du ministre Oswald HOMEKY ne pouvait plus tomber dans les oreilles de sourds, puisque chaque mot qui sortait de sa bouche semblait atterrir directement dans le cœur de chaque porto-novien présent. Le gouvernement a accompagné Porto-Novo pour une simple et bonne raison : la ville aux trois religions, aux trois cultures, n’est pas seulement la ville aux trois noms, elle est LA CAPITALE du Bénin ! Venant de la bouche du ministre de la culture, la sentence sonne comme la reconnaissance officielle longtemps attendue. On applaudit à se rompre les phalanges. Et au ministre de conclure : Le Festival International de Porto-Novo est donc notre festival à tous au Bénin. Nous l’accompagnerons l’année prochaine encore mieux que cette année, et l’année suivante encore mieux que la précédente, ainsi de suite. Est-il encore besoin ici de décrire l’ambiance et la standing ovation ?

Colince Yann, envoyé spécial à Porto-Novo

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