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Gnonnas Pédro, 13 ans après son décès: De nouvelles approches pour immortaliser le maestro

Gnonnas Pédro, 13 ans après son décès: De nouvelles approches pour immortaliser le maestro

Le treizième anniversaire du décès de l’artiste Sossou Pierre Kouassivi Gnonnan dit Gnonnas Pédro, ancien sociétaire du groupe de salsa Africando, devrait être célébré, le samedi 12 août dernier à Lokossa, la ville où est installé son musée. Mais aucune initiative n’était au rendez-vous, comme ce fut déjà le cas en août 2016 et, si de nouvelles mesures ne sont envisagées, le monde pourrait assister à la seconde mort du maestro.

Aucune manifestation n’a eu lieu, le 12 août 2017 au quartier Takon-Zongo 2 à Lokossa, plus précisément au musée Gnonnas Pédro où repose la dépouille de ce dernier. C’était pourtant la date à laquelle des artistes y dressaient le podium d’hommage au maestro, chantre de la salsa et inventeur du rythme « agbadja renové », décédé le 12 août 2004 à l’âge de 61 ans. Le musée dédié à l’illustre disparu se trouvait plongé dans les ténèbres. Le compteur électrique y a été retiré, depuis un bon moment, du fait des factures d’électricité impayées depuis plusieurs mois, dont le montant total est estimé à environ 40 000 francs Cfa seulement. Les artistes qui, autrefois, se mobilisaient, vaille que vaille, pour marquer l’anniversaire du décès du « Dadjè national », n’ont rien initié cette fois-ci. Son fils Gilles Gnonnas qui a tenté de prendre le contrôle de cette manifestation était aussi absent de Lokossa, leur ville d’origine.
Après avoir lancé un festival grâce au sponsoring d’un opérateur Gsm, Gilles Gnonnas et ses frères n’ont pas pu rééditer l’initiative depuis 2016. Des t-shirts et autres articles confectionnés à cet effet, à l’époque, sont restés à la charge des responsables de la « Radio Mono, la voix de Lokossa », structure partenaire de l’événement. Mais l’événement annoncé sur l’affiche, restée accrochée pendant longtemps à la clôture de la gare routière, n’a pu être concrétisé depuis lors, pour défaut de financement suffisant.
Le coordonnateur départemental de la Fédération nationale des musiciens du Bénin, Guy Houénou, et le président du bureau communal des artistes de Lokossa, Robert Noumonvi, indiquent, tour à tour, que leurs pairs avaient décidé de se mettre en retrait de l’initiative tout comme ils ont boycotté l’édition 2017 de l’anniversaire. La communauté des artistes reproche à Gilles Gnonnas de les avoir mis à l’écart, au cours du lancement de son festival alors qu’avec leurs maigres moyens, ils ont été les précurseurs de la célébration de l’anniversaire du décès du maestro au plan local.
En somme, pour la deuxième année consécutive, aucune manifestation culturelle n’a été initiée dans la cité des Kotafon. Ce qui dénote d’un triste sort pour l’artiste qui a laissé 41 ans de carrière musicale derrière lui. « Mais c’est un sort voulu sciemment par ses héritiers », fustigent les responsables du monde culturel.

Gnonnas Pédro mérite mieux

Les responsables des associations d’artistes à divers niveaux promettent de se réorganiser pour honorer la mémoire de l’icône musicale afin que l’oubli ne consacre sa seconde mort. Guy Houénou et Robert Noumonvi estiment qu’après les deux éditions successives manquées, du fait des membres de la famille de l’artiste défunt, il est temps de réagir. « Gnonnas Pédro est un père spirituel en matière de musique dont la mémoire ne doit s’éteindre aussi fatalement », estime Robert Noumonvi. Guy Houénou soutient, pour sa part, que le maestro mérite mieux, même de la part de l’Etat central. « Gnonnas Pédro a tant apporté à l’image de ce pays ; d’autres n’ont pas fait autant et sont pourtant célébrés avec ferveur », fait savoir Robert Noumonvi.
Wilfrid Anato, directeur départemental en charge de la Culture, salue la mémoire du maestro tout en soulignant que la gestion de son héritage n’est pas chose facile.
S’agissant du musée Gnonnas Pédro qui apitoie tout visiteur, les responsables départemental et communal, du creuset des artistes, suggèrent son transfert dans un autre local ou domaine à acquérir par le pouvoir public pour mieux immortaliser l’artiste. « Toutes les fois qu’une personne physique ou morale s’est intéressée à la réhabilitation du musée Gnonnas Pédro, le groupe d’enfants qui en a le contrôle argue, au dernier moment, que leur frère revient bientôt avec un projet dans ce sens. Cela a été notamment le cas avec la mairie de Lokossa et un opérateur de téléphonie mobile », se désole Robert Noumonvi. A l’en croire, il s’agit de dilatoire laisser ruiner le site et le faire oublier au public. Car en sus, poursuit-il, des membres de la famille du maestro, auteurs de ce plan, auraient l’intention d’exhumer, plus tard, le corps de Gnonnas Pédro du musée afin de vendre le domaine.
Un proche de la famille, Cosme Sèwa, en parle : « Une rivalité sommeillait entre les enfants vivant de l’artiste. A sa mort, cela s’est accentué. Ce qui fait qu’il leur est impossible de dégager un administrateur des biens. Chacun fouille dans les affaires du défunt et fait disparaître les papiers importants. Vous auriez constaté que toutes les parcelles portant le nom de l’artiste ont changé de propriétaires », a-t-il révélé.

Appel à un festival international

« N’eut été sa collaboration avec le groupe Africando, Gnonnas Pédro aurait connu la mort dans l’indifférence. C’est donc le fait d’avoir porté le nom du Bénin sur différents podiums, à travers le monde, que nous lui reconnaissons en saluant, par ailleurs, la qualité de son travail de précurseur dans la valorisation des rythmes traditionnels notamment Agbadja », a déclaré Robert Noumonvi. Pour la même raison, Guy Houénou souhaite que les gouvernants suscitent, autour du nom Gnonnas Pédro, l’organisation d’un festival international, avec pour maître d’œuvre par exemple, le Fonds des arts et la culture. Robert Noumonvi abonde dans le même sens et regrette non seulement le retard dans la mise en place d’une telle vision de reconnaissance mais aussi le manque d’engouement des promoteurs culturels privés à aller vers un tel créneau. Il ne ménage non plus les mélomanes qui témoignent peu de ferveur, selon lui, envers les icônes nationales.
Mais au-delà des plaidoyers de Guy Houénou et de Robert Noumonvi, le combat pour que ne meurt définitivement Gnonnas Pédro devrait être l’affaire des autres grosses voix encore en activité. Car, il ne sert à rien de s’autoproclamer « roi de tel rythme » pour lequel on travaille et associe son nom toute sa carrière durant et qu’après sa mort, tout s’écroule. Le sort que connaît Gnonnas Pédro aujourd’hui risque d’être le leur s’ils ne font rien pour changer la donne.

Source: https://lanationbenin.info/index.php/societe-2/146-societe/13938-gnonnas-pedro-13-ans-apres-son-deces-de-nouvelles-approches-pour-immortaliser-le-maestro

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