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Joseph Djogbénou : choisir entre un homme et son pays

Le Président de la Cour constitutionnelle Fifamè Joseph Djogbénou

On parle désormais de la Cour Djogbénou, du nom de celui qui a pris en mains la destinée de la plus haute juridiction constitutionnelle du Bénin. Il en est ainsi depuis le 8 juin dernier, date à laquelle son prédécesseur, en la personne du Professeur Théodore Holo, lui a passé le témoin. Cependant son arrivée pourtant prévisible à la tête de la Cour constitutionnelle suscite et continue de susciter une vague de réactions, les unes les plus virulentes que les autres. A tort ou à raison, les tenants de ces critiques exacerbées dénient au  nouveau gardien en chef de la Constitution du 11 décembre 1990 la légitimité de diriger la prestigieuse institution ou encore celle d’être consacré sage de la République. Ils soupçonnent à bon droit l’avocat d’être en mission pour son client Patrice Talon. Puisque devant le tribunal des détracteurs du pouvoir en place, il est accusé du délit de proximité avec l’actuel locataire de la Marina. Qu’à cela ne tienne !
La volée de bois vert dont l’ancien ministre de la Justice est la cible aujourd’hui tire ses racines beaucoup plus de son parcours militant que de ses compétences intrinsèques. Joseph Fifamè Djogbénou est en effet un coutumier du militantisme. Des luttes estudiantines à la conquête du pouvoir en passant par l’activisme citoyen, l’ancien leader estudiantin a réussi la prouesse de s’adapter aux temps et aux circonstances. Hier grand défenseur de la cause estudiantine et principal acteur et animateur du mouvement protestataire « Mercredi rouge », il a semblé à l’épreuve du pouvoir renier ses principes et valeurs citoyens qui lui avaient valu l’estime de ses compatriotes. D’ailleurs la plupart des Béninois demeurent encore interloqués devant le revirement époustouflant de celui qui est devenu à leurs yeux le pourfendeur attitré des droits humains et des droits acquis.
Si on présume donc que chaque étape de sa vie militante correspond à une posture bien précise, il n’est point de crainte à avoir pour sa nouvelle fonction. Il saura, comme à l’accoutumée, se glisser dans la peau du Président de la Cour constitutionnelle, l’entité constitutionnelle qui a la lourde responsabilité de réguler le fonctionnement de l’Etat et de ses institutions. Entre servir un homme, qui put être un patron ou un ami, et son pays, le président de la Cour constitutionnelle a déjà fait son choix. « Il nous faut nous armer de courage et de sérénité. Il nous faudra assurer le nécessaire devoir d’ingratitude à l’égard de tous. A l’égard aussi bien de ceux qui n’agissent qu’à l’égard de ceux qui commentent », a-t-il tranché lors de sa prise de fonction.
Fort heureusement, admirateurs et détracteurs s’accordent sur les capacités intellectuelles de l’ancien Garde des Sceaux pour faire le job. En clair, Il a le profil du job. Et mieux, la constitution s’entendant la source de tous les droits, lui, l’enseignant de droit doublé de sa qualité d’avocat, répond à tous les critères légaux. A la fois théoricien et praticien du droit, Joseph Fifamè Djogbénou est, comme le dirait l’autre, dans son marigot.

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