Partager ce Post

Société & Santé

LA LOI DE LA RECONNAISSANCE : Tout commença à KOWEGBO…Tout finira à KOWEGBO

LA LOI DE LA RECONNAISSANCE : Tout commença à KOWEGBO…Tout finira à KOWEGBO

Par Arielle Heaven

Je n’ai pas vraiment bien dormi cette nuit. Pas parce que j’étais malade, mais parce que je n’avais pas la conscience en paix. Je me rappelle qu’il y a quelque dizaine de jours, j’avais écrit un texte élogieux à propos des médecins qui suscita une avalanche de réactions positives. Certains des leurs intervinrent pour faire part de leurs difficultés, nous avons fustigé une note de service, il y eut le message de cette internaute qui me fit me déplacer vers le CNHU pour lancer un SOS pour faire sortir Dame G. Puis par la présence de cette dame, Dieu permit qu’on ait suffisamment de fonds pour libérer les bébés, les enfants, les mères nourrices et même des hommes profitèrent de notre générosité. Coût de l’opération : 3.880.200 F CFA. Facture qui sera augmentée tout à l’heure au profit de 2 bébés restants à la crèche et éventuellement, d’un adulte à l’etat critique au Service Traumato.

Je me rappelle que le Samedi 23 Décembre, il fut rappelé à mon attention que je devrais penser à l’HOMEL. Nous avons cotisé de l’argent durant le week-end et bouclé le dossier HOMEL hier nuit. Coût de l’opération 1.512.000 F CFA.

Tout devrait prendre fin aujourd’hui par ma visite au CNHU pour solder la facture des bébés et du traumatisé. Je devrais m’estimer heureuse. Nous avons fait sortir près de 50 personnes, nous avons pu rassembler et dépenser 3.880.000 F CFA + 1.512.000 FCA. Cela fait 5.392.200 F CFA, ce qui n’est pas une somme insignifiante. Je devrais être fière d’avoir été au devant et mené une opération d’une telle envergure. Je devrais être heureuse de pouvoir tourner la page, prendre enfin mon repos et arrêter de trainer dans les couloirs des hôpitaux à négocier avec les administrations, passer à la caisse, prendre contact avec les malades. Je devrais être soulagée et fermer ce chapitre avec soulagement.

Mais je me suis endormie gênée et je me suis réveillée perturbée…KOWEGBO…Je me rappelle, le Mardi 12 Décembre, alors que ma parente était allongée sur leur lit d’hôpital attendant d’être opérée, j’étais toute en panique. J’avais la foi mais parfois, votre foi est mise à rude épreuve quand il s’agit de nos hôpitaux publics. Manque de matériel, indisponibilité des médecins, tout un tas de choses qui font que l’humain le plus riche peut y entrer vivant et en sortir banalement mort et que le plus pauvre du pays peut rentrer dans le pire état et en sortir en excellente santé. Devant ma parente hospitalisée, un patient a été emmené urgemment à KOWEGBO. Il n’avait avec lui ni père, ni mère pas plus qu’il n’avait sur lui de l’argent. Son état nécessitait une intervention urgente. Il y a eu ces médecins, ce jour-là, qui n’ont pas regardé à la procédure ni au système. Ils n’ont pas exigé que les conditions financières optimales soient rassemblées avant de sauver cette âme que la mort tentait d’apprivoiser. Ils ont fait ce qu’ils font habituellement, avec les moyens de bord. Ils ont sollicité les produits d’une patiente qui devait être opérée plus tard, ils s’en sont servis pour s’occuper du blessé. Quand l’opération prit fin, ils passèrent dans les différents services, de bureau de médecin en bureau de médecin pour cotiser et remplacer les produits empruntés.

C’est cela la triste vie d’un médecin. Pour la plupart dans nous, quand nous faisons mal un travail, au pire des cas, au très pire des cas, nous faisons perdre à nos employeurs ou à notre propre entreprise des marchés. Dans le pire des cas, ce qui nous arrive, c’est la faillite de l’entreprise ou notre licenciement. Nous pouvons alors chercher d’autres boulots ou faire redémarrer ces entreprises. Mais un médecin n’a pas ce privilège. Quand il se retrouve devant un blessé, pour lui, il n’y a pas deux chances et ni deux options : SAUVER. Ne faire que cela. Quand il rate une opération et que mort s’en suit, il ne peut aller à aucune banque emprunter une vie. Il ne peut frapper à aucune porte physique pour faire réveiller le mort. Même les plus fervents, tentent devant la mort d’un patient de mettre leur foi en exergue, tenter comme Jésus de ramener à la vie. Malheureusement, nous savons comment cela se passe.

Je me sens gênée pour KOWEGBO. J’ai célébré la bravoure et l’humanité de ces médecins mais je n’ai rien apporté dans leur hôpital. J’ai été soulagée que ma parente en sorte guérie et qu’elle ait pu solder ses dépenses, mais je n’ai pas levée le moindre doigt pour que sa présence dans cet hôpital soit une bénédiction pour d’autres dans ce même hôpital. Savez-vous à quoi me fait penser mon attitude face à ces médecins? J’ai l’impression d’être ce jeune homme pour qui une femme a trimé pendant des années et qui au finish, quand il a été socialement positionné et a eu les moyens, est allé vers une autre femme et l’a épousée. Pour les personnes qui ont souffert aux côtés d’un homme et qui se sont vues « remerciées » avec comme attestation de bonne compagnie en galère « Tu sais, tu es une femme tellement bien que je ne pense pas que je te mérite. ». Avez-vous déjà entendu ce genre de phrases ? Je l’ai déjà entendu. Et beaucoup d’autres femmes l’ont également entendu.

Faire l’éloge des médecins en m’inspirant de ceux de KOWEGBO puis verser tout l’argent au CNHU et à l’HOMEL, c’est comme dans un cas professionnel dans lequel vous êtes un employé plébiscité. Tout le monde trouve que vous faites parfaitement l’affaire. Mais quand vient la période des évaluations et des promotions, vos collègues autour de vous, ceux qui ont longtemps été décrié comme le CNHU, c’est eux qui reçoivent une promotion. Comment se fait-il que les encouragements qu’on vous envoie ne sont que verbaux, que vous vous tapez le boulot et les heures supplémentaires, mais le bonus de fin d’année va ailleurs.

Ne pas retourner à KOWEGBO, cela me rappelle également l’attitude des 10 lépreux de la Bible. 10 personnes furent guéries et partirent chanter les louanges de Jésus, certains même coururent en famille démontrer qu’ils étaient guéris. S’ils avaient été à une période de Facebook, ils se serraient précipités pour prendre des selfies et en poster pour fanfaronner avec des hashtags à la « Godwin ». Mais des 10 personnes guéries, une seule personne eut le réflexe de retourner voir Jésus pour lui montrer sa nouvelle peau sans cicatrice. Une seule personne partit lui dire  » Je ne suis plus la personne malade et apeurée que tu as touché. Regarde, je suis guérie ». Une seule personne retourna sur ses pas dire « Merci ». Et pour KOWEGBO, je veux être cette personne. Pour ces médecins qui se sont occupés de ma parente, je veux apporter de la joie au coeur en libérant de leur pédiatrie les bébés et faire sortir des mères nourrices. C’est la moindre des choses que je puisse faire. Je suis persuadée que le passage de Dame G au CNHU était destiné par Dieu à se servir d’elle pour libérer d’autres patients. De la même manière, je suis persuadée que le passage de ma parente au CNHU était destiné à faire libérer des bébés et des mères dont les âmes attristées crient à moi. Il est 06h36 quand je finis ces mots. Le solde de mon compte affiche 246.000 F CFA. C’est exactement le montant que je suis décidée à verser au CNHU. Pour libérer les bébés et le traumato. C’est ce que j’apporterai sur la table de négociation ce midi. Je considère que dès cet instant, dès cette minute, tout ce qui viendra sur mon compte sera pour KOWEGBO. Et je voudrais que vous m’aidiez. Toutes les femmes, surtout celles qui savent ce que c’est d’être tenues à l’écart après avoir trimé, ne permettez pas que KOWEGBO soit traité comme vous et moi. Mettons la main à la poche. A tous ces hommes qui ont mérité une promotion qui a été donnée à un autre collègue, ne laissez pas KOWEGBO subir cette injustice que vous avez vécu. Aidez-moi à réparer un tort que je faisais à cet hôpital. Je me sens moralement engagée envers eux et envers leurs bébés qui s’y trouvent.

Le compteur est à zéro désormais. Et j’ai besoin de 1.000.000 F CFA pour finir avec KOWEGBO. Vous savez que c’est le minimum que nous puissions faire après avoir dépensé plus de 1.500.000 à l’HOMEL et carrément 4.000.000 au CNHU. Nous en avons déjà assez fait, mais 1.000.000 de plus, nous pouvons faire cet effort. Juste avec encore un peu de volonté, rendons hommage à cet hôpital. Je vous en prie. Faites-le pour moi aussi. C’est mon cadeau de fin d’année : 1.000.000 F CFA. Pouvez-vous me l’offrir pour KOWEGBO? Au nom des bébés qui y sont. Je vous en prie. J’attends votre soutien par MTN Mobile Money au 96 14 28 62. Pour l’occasion, exceptionnellement, je mets un MOOV 60 85 42 70 à disposition pour ceux qui ont FLOOZ MONEY et aussi parce que Lomé veut nous aider avec du FLOOZ. Nous avons donc le challenge de cotiser 1.000.000 F CFA d’ici demain Jeudi afin de boucler avec les hôpitaux. Merci d’avance.

Que Dieu nous benisse.

Avec tout mon amour

26112021_2024665474480904_831469762020848344_n

Source :https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2024665504480901&id=1662958183984970

Partager ce Post

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Lost Password

Register

Pin It on Pinterest

Share This

Hey there!

or

Sign in

Forgot password?
Close
of

Processing files…