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Société & Santé

LA TRAHISON D’UNE FEMME 2

LA TRAHISON D’UNE FEMME 2

Par Arielle Heaven

Arielle, je te jure que je n’ai jamais levé la main sur une femme, de toute ma vie. Mais je savais que si je passais une seconde de plus en compagnie de Vanessa, je passerais le restant de ma vie en prison. Je ne la rouerai pas seulement de coups, je pourrais dans ma colère aller loin. Je me dirigeai vers mon appartement d’un air précipité et elle me suivit à grands pas, peut-être ayant peur que j’alerte ma famille. Elle entra juste après moi, s’agenouilla à nouveau mais devant autant de machiavélisme orchestré durant tous ces mois à regarder mon air fier de futur papa sans me dire la vérité, je ne croyais pas un seul instant en ses demandes de pardon. Cette femme était un danger. Plus elle demandait pardon, plus ma colère montait et sans le réaliser, j’ai attiré l’attention de ma famille qui vint nous calmer.

C’était la première fois qu’on nous entendait nous disputer et mes soeurs ainsi que ma mère prirent d’office partie pour Vanessa, à cause de son état. Ma famille m’accusait de stresser la pauvre enfant. Je l’entraînai précipitamment de mon salon à ma chambre en lui demandant de ramasser ses affaires. Ma mère s’interposa. Je dus dire la vérité sous leurs yeux horrifiés et le regard honteux de Vanessa qui s’éclipsa en tordant les mains en signe de pardon envers ma mère. Elle ne disait mot, juste des larmes coulaient de ses yeux. Je ne sus plus combien de temps ma famille passa dans mon appartement avant que chacun rejoigne ses locaux. La nuit dut être longue pour nous tous, surtout pour moi. Je me sentais humilié, bafoué et surtout, les paroles de Zéinah ne cessaient de résonner à mes oreilles comme une litanie « Tu n’auras même plus tes yeux pour pleurer. ». En effet, je voulais pleurer mais mes yeux, semblaient avoir tari. Aucune goutte. Au contraire, c’est de mon coeur que des gouttes jaillissaient. Je ne me rappelle pas avoir jamais autant souffert de ma vie. Une seule nuit avait suffi pour me faire sombrer. Je chassai la culpabilité qui me faisait penser que Zéinah avait dû souffrir aussi par ma faute.

Les jours suivants, Vanessa m’appela en vain. Je ne décrochai pas. Elle n’osa pas venir chez moi, par peur de mes parents. Elle multiplia appels et messages. Je les ignorais tous. Elle finit par m’écrire  » Je ne t’embêterai plus jamais. Mais pour l’amour de Dieu, accorde-moi une seule rencontre. Une toute dernière. ». Je cédai, parce que quelque part, la colère n’avait pas réussi à tuer en moi tout l’amour que j’avais pour elle. On se vit chez une amie à elle qui nous laissa son appartement, probablement espérant un dénouement intime. Mais je ne pouvais pas toucher Vanessa. Je ne pouvais même pas comprendre comment elle avait pu me laisser avoir des rapports sexuels avec elle alors qu’elle portait en elle le fruit d’un autre. Chez nous, dans ma culture, c’était un sacrilège. Jusqu’alors, j’étais loin de me douter que je ferais pire.

Nous avons discuté des heures, pleuré aussi. Mes larmes me sont revenues après m’avoir déserté ces derniers jours. Vanessa me demanda encore et encore pardon. Qu’elle tenait plus à moi qu’à son enfant et qu’elle était prête à l’enlever pour me prouver que nous deux, c’était encore possible de tout reprendre de zéro. Elle me demanda de l’argent pour se faire avorter, qu’elle avait pris tous les renseignements. J’avais 18.000 F CFA sur moi ce jour-là. Je lui remis 17.000 F. Deux jours plus tard, elle se plaignait d’atroces maux de ventre. Un ami me conseilla un centre de santé dans une ville proche de Cotonou. En pleine route, je ne sentis plus le pouls de Vanessa, elle ne répondait plus à ma tentative de discuter. Le temps que j’atteigne l’hôpital, elle était déjà partie, comme morte. Le sang qui coulait d’elle avait inondé toute ma voiture. Le personnel de l’hôpital ne voulut pas s’occuper du cas, par peur de devoir enregistrer un décès et entacher leur réputation. J’étais désespéré. Je me retrouvais avec un double meurtre sur le dos : l’enfant avorté et Vanessa. Que ferais-je? Ma vie était fichue!

Je m’agenouillai dans le hall de l’hôpital, appelant Dieu. C’était mon dernier recours. Arielle, si une fois, au moins une seule fois de ma vie, j’ai eu le plus de foi, c’était bien ce jour-là. J’avais l’impression que les écluses des cieux étaient hermétiquement fermés et que Dieu était sourd à mes prières. Mais je persévérais. Je suis chrétien, je n’ai jamais été un grand pratiquant mais je ne savais pas d’où me venaient les mots. Je priais tantôt en français, tantôt en langue locale. Je disais tout ce qui me passait par la tête, pourvu que Dieu soit touché. A un moment, je fus à bout de souffle et je vins à la conclusion que les dés étaient jetés, que Dieu ne voulait pas m’aider. Mais en ce moment-là exactement, je ne sus par quel miracle, l’une des infirmières, une religieuse, accepta s’occuper de Vanessa. Elle fit d’abord allumer dans la salle de travail de l’encens et des bougies et récitant des psaumes, elle travaillait sans relâche, fouillant dans les entrailles de Vanessa pour en sortir des pâtés de chair. Elle la frappait ou la secouait et quand Vanessa ouvrait un peu les yeux, elle redoublait de prière comme encouragée. Je n’avais jamais vu autant de sang de ma vie. Ce jour-là, s’il me fallait choisir entre élever l’enfant d’autrui et subir tout ce spectacle, je choisirais la première option. Mais il était trop tard. Vanessa passa trois jours dans cet hôpital. Je dus appeler mes parents quand elle prit conscience. Si je n’avais pas été autant accablé, je crois que mes parents m’auraient renié, tellement cela leur paraissait inconcevable que j’aie pu me mettre dans une situation aussi saugrenue pour une femme qui m’avait fait autant de mal.

Les parents de Vanessa de leur côté n’eurent pas vent de ce qui se passait. Elle n’osa leur avouer son erreur et durant notre période de rancune, j’étais trop orgueilleux pour aller les voir et leur dire que j’avais été cocufié. Pour eux donc, leur fille était chez moi durant cette période d’absence auprès d’eux. Elle rentra sur Cotonou et passa trois jours dans une clinique privée. Ce fut la seule solution que nous avions trouvé pour maquiller notre crime : prétexter qu’elle avait fait une fausse couche. Désormais, les dés étaient jetés. Nous étions liés par ce secret à cacher au monde et à ses parents. Seuls ceux de ma famille étaient au courant mais je comptais sur leur discrétion. Je n’étais plus le bienvenu chez mes parents et un peu comme seul au monde, avec une seule personne : Vanessa, cette croix que je devrais désormais porter. Une croix lourde mais à laquelle je tenais désespérément.

TO BE CONTINUED (Demain)

Source :https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2002230620057723&id=1662958183984970

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