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Liberté de la presse au Burundi : « Depuis la disparition de Jean Bigirimana, le journal Iwacu vit un traumatisme collectif »

Liberté de la presse au Burundi : « Depuis la disparition de Jean Bigirimana, le journal Iwacu vit un traumatisme collectif »

Le 22 Juillet 2016, le journaliste Jean Bigirimana était arrêté à Bugarama par des agents des renseignements, avant d’être embarqué à bord d’une camionnette, racontent plusieurs témoins. Un an après, son entourage est toujours sans nouvelles de lui. Au sein du journal où il travaillait, « Iwacu », on est traumatisé, raconte Antoine Kaburahe, le directeur.

Jeune Afrique : Comment les journalistes d’Iwacu vivent la disparition de Jean Bigirimana et l’absence de nouvelles à son sujet ?

Antoine Kaburahe : Depuis la disparition de Jean Bigirimana, il y a un an, à Iwacu, nous vivons un  traumatisme collectif. Personne n’ose dire qu’il est mort. On s’accroche à un espoir que l’on sait mince, voire improbable. C’est humain, je pense. En fait connaître la vérité, n’importe laquelle, serait une délivrance. Malgré tout, les journalistes s’accrochent à leur travail, sans trop penser à ce qui est arrivé à Jean. Travailler leur permet de tenir.

Avez-vous des nouvelles de sa famille ?

Oui, nous gardons contact avec sa famille. C’est important, Jean a laissé une femme et deux petits garçons. Nous avons le devoir de les soutenir.

Iwacu a porté le dossier devant la commission des Nations Unies sur les disparitions forcées. À quoi vous attendez-vous exactement ?

Nous nous attendons à ce que les autorités parlent, enfin !  Le silence qui entoure cette disparition est inacceptable. Nous continuerons à parler, à exiger une réponse ; c’est pour cela que nous avons fait appel à cette commission. Mais à ce jour, nous n’avons eu aucune réponse.

Le jour de la disparition de Jean Bigirimana, quelqu’un a appelé la rédaction d’Iwacu pour donner l’alerte. Vous avez communiqué le numéro de cette personne aux autorités dans le but de faire avancer l’enquête, mais celle-ci n’évolue pas selon vous. Continuez-vous à essayer de faire avancer les investigations ? 

Que peut-on faire de plus ? Nous ne sommes pas des policiers, nous ne sommes pas la Justice. Nous avons tout transmis. Jean Bigirimana ne s’est pas volatilisé. La femme en question a passé l’appel vers Iwacu d’une cabine  publique, les gens ont vu cette femme. Bugarama étant une petite bourgade, où tout le monde connaît tout le monde, remonter vers cette source était facile.

Deux corps suppliciés ont été découverts dans la rivière qui passe à Bugarama. L’information a été donnée par la population du coin. Jean était-il parmi les deux corps fortement abîmés ? Nous avons demandé un test ADN qui aurait permis de lever un doute. Le test n’a pas été fait, malgré notre requête. Les journalistes ont fait ce qu’ils pouvaient mais du côté des autorités, il y a semble-t-il une volonté extraordinaire de ne rien faire pour trouver la vérité…

Source: www.jeuneafrique.com

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