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Mère célibataire : Chronique de Arielle Heaven Expériences de Vie

Mère célibataire : Chronique de Arielle Heaven Expériences de Vie

Récemment, une jeune femme, Fanny, m’a dit « Arielle, pourquoi es-tu si dure avec moi? ». Je lui ai répondu  » Parce que tu n’as pas besoin de câlin. ». Cela a été la fin de notre discussion. Je ne sais pas si elle m’écrira à nouveau. Mais une chose que je sais, c’est que si je devrais conduire cette discussion, je la referai exactement de la même manière.

Il y a quelques mois, nous avions échangé parce qu’elle se sentait à bout à supporter les infidélités et le manque de respect évident de son compagnon. Comme il traversait une période d’instabilité professionnelle, je lui ai trouvé des excuses, lui accordant le bénéfice du doute. Les échanges ont continué avec Fanny qui se plaignait de ne pouvoir supporter cette situation qui s’aggravait de jour en jour. Alors, je lui ai donné mon point de vue impartial selon lequel l’attitude de son compagnon était inadmissible. A la fin, elle m’a dit qu’elle préfère le quitter, qu’elle n’en peut plus. Des semaines plus tard, alors qu’elle m’écrivait pour se plaindre à nouveau, elle m’a dit « J’ai changé d’avis. Je ne peux pas vivre sans lui. Prie pour moi afin que je puisse tenir. J’ai le regard du monde braqué sur moi, c’est le 2e père de mon 2e enfant. J’ai fait des efforts inimaginables et si cette relation échoue, les gens me jugeront. ». Je lui ai répondu <<La réalité est que tu es le dernier souci des gens. Avec la crise économique générale, à peine parleront-ils de toi pendant 2 jours avant d’être harcelés par leurs propres réalités. Et la vérité est que les gens se fichent complètement de ta vie, et pour preuve, si tu restes, alors que ta santé s’affecte déjà progressivement par cette relation, à peine trouveras-tu 20 personnes à ton enterrement, parce que les mêmes personnes dont tu crains le jugement en te tuant à petit feu dans cette relation seront les premières à s’indigner après ta mort « Quelle jeune femme stupide! Mourir si jeune à cause d’un inconscient! On devrait battre son corps avant de l’enterrer. Quelle idiote! »Je ne peux pas prier pour toi. Prier retarderait peut-être ta mort, mais cela ne t’empêchera pas de mourir. Tu n’as pas besoin de prier pour retarder ta mort. Tu as besoin d’ôter de ta vie ce qui te tue. Tu dis que tu ne peux pas vivre sans cet homme, mais à la première minute où tu meurs, il prendra son enfant et s’en ira vivre avec une autre qui n’en prendra jamais soin aussi bien que toi. Et l’autre enfant, ton aîné? Qui s’en occupera? Doit-il payer le prix de ton erreur ? ». En réponse à cela, elle m’a trouvée trop dure. Parce qu’elle aurait aimé que je l’encourage à mourir à petit feu, que je lui dise qu’une vie de couple n’est que souffrance et endurance de la part des femmes. Que je lui dise qu’elle ne pourra plus se trouver un autre homme parce qu’avoir 3 enfants de 3 pères différents, ça fait too much et qu’elle devrait se contenter d’être avec cet 2e même s’il la traite comme une moins que rien. Je devrais lui dire qu’il fait quand même des efforts, malgré que je sache que c’est le fruit de son travail à elle qui assure leurs dépenses quotidiennes pendant qu’il fait face à un chômage qui ne l’empêche pourtant pas d’avoir des maîtresses. ». Je devrais dire que Jésus est la solution et que tout est possible à qui croit si elle fait de l’Éternel ses délices. En gros, je devrais lui dire ce qu’elle a envie d’entendre et non ce qui est.

Je ne sais pas mentir et je ne prendrai jamais part à un suicide. La vérité est que chaque mère célibataire qui se retrouve seule avec son enfant est une proie encore plus fragile que n’importe quelle jeune femme célibataire. Simplement parce qu’elle est meurtrie, blessée par sa précédente relation et mets un temps considérable à accorder sa confiance. Et pour des hommes qui n’ont pas la crainte de Dieu, c’est un véritable challenge qui flatte leur ego que de faire tomber les barrières peu à peu et de réussir là où les autres ont échoué. Une fois leurs objectifs atteints et que ces femmes donnent leur confiance, elles le font pleinement et si passionnément que quand elles croient en leurs hommes, elles ont envie de démontrer au monde entier à quel point il est différent de leur précédente erreur. Et malheureusement, elles se retrouvent dans une posture où ce ne sont plus elles qui sont valorisées par ces hommes mais c’est elles qui valorisent ces hommes. Quand les problèmes arrivent, elles veulent colmater les brèches, fermer les fissures, préserver leurs relations envers et contre tous au point d’accepter subir ce qu’en temps normal, si elles étaient de simples célibataires, elles n’auraient jamais accepté subir. En gros, elles revoient leurs standards à la baisse. Et tout le monde sait que quand la demande est plus forte que l’offre, la surenchère s’installe. Le dernier des irresponsables peut alors se permettre de prétendre être le Roi Lion, ces femmes acceptent qu’il rugisse même sans croc, l’essentiel est que les gens soient convaincus qu’elles ne sont pas seules. Qu’elles ne sont pas à nouveau seules. Qu’elles savent retenir un homme. Parce que deux hommes qui partent en laissant des enfants, des « traces », veulent dire « J’ai cru que tu étais la bonne jusqu’à ce que par ton attitude, tu changes la donne. ». Elles ne veulent pas être jugées. Alors, elles endurent et se tuent à petit feu.

Je ne suis pas dure. Je ne suis pas insensible. Juste que je ne sais pas taire la vérité. Et je ne peux pas faire semblant de ne pas voir la réalité. Je ne sais pas prier quand ce qu’il faut, c’est agir. Et je ne sais pas tuer quand ce qu’il faut, c’est sauver. Je compte beaucoup de mères célibataires parmi mes amies. Des femmes formidables qui font face à des batailles chaque jour, des critiques parfois indélicates, comme si volontairement une femme normale aurait voulu assumer toute seule des responsabilités mêmes difficiles à honorer à deux. C’est dur de se réveiller précipitamment dans la nuit, réveiller son deuxième enfant qu’on ne peut laisser seul à la maison, pour l’emmener aussi à l’hôpital parce que son aîné fait une crise. C’est dur d’être en train de regarder sa montre avec anxiété parce qu’une réunion professionnelle dure plus tard que prévu le soir et qu’il faut aller chercher son enfant à la garderie avant qu’elle ne ferme. C’est dur de regarder au fond de son portefeuille et de dire non à son enfant pour un jouet qui lui ferait plaisir et que son père aurait facilement offert s’il était dans les parages ou au moins donnait une pension mensuelle pour justifier son existence. C’est dur d’être considérée comme celle qui n’a pas été fichue de garder un homme alors qu’en réalité on en est la victime. C’est dur d’emmener un inconnu dans la vie de son enfant, que le lien s’installe, que l’autre part sans crier gare et que l’enfant réclame sans cesse cette présence à laquelle il s’est déjà habitué « Où est mon Papa? ». C’est dur de n’avoir rien d’autre à serrer contre soi la nuit que ses oreillers pour étouffer ses pleurs au lieu de poser la tête sur une poitrine rassurante après une dure journée de travail. C’est dur. Encore et encore et encore. Cependant, c’est digne de rester seule mais épanouie pour ses enfants que de se donner à petit feu la mort dans une relation qui à la longue les rendra orphelins de mère. Il n’y a rien de plus dur pour un enfant d’être orphelin de mère. J’en suis une. Et j’aurais donné jusqu’au dernier franc de mon salaire chaque mois, ne serait-ce que pour avoir ma mère à mes côtés, surtout certains jours où tout est noir. Alors, pardonnez-moi si je ne vous encourage pas à vous suicider. Je ne peux pas. Par amour pour vos enfants que je ne connais pas, je ne peux pas. Je ne peux prendre part à votre suicide. Pardonnez-moi si je suis dure. C’est l’expression maladroite de mon amour pour vous.

Source : Arielle Heaven Expériences de Vie

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