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Politique

Promotion de l’excellence au Bénin : quand la démagogie l’emporte sur les actions concrètes

Promotion de l’excellence au Bénin : quand la démagogie l’emporte sur les actions concrètes

Après son accession au pouvoir le 06 avril 2016, le Chef de l’Eta béninois, Patrice Talon a estimé que le Bénin est un désert de compétences. Pour y remédier, le Président Talon et les membres de son gouvernement ont annoncé à plusieurs occasions la promotion de l’excellence dans le pays. Pas plus tard que le 31 juillet 2017, le Chef de l’Etat béninois a annoncé la mise en œuvre d’une initiative présidentielle de promotion de l’excellence. Mais à la lumières des réalités auxquelles certains apprenants excellents du pays sont confrontés, ces annonces du gouvernement Talon s’apparentent bien à des slogans démagogiques.

Des étudiants statisticiens économistes privés de bourses

En janvier 2017, contrairement aux années antérieures, les étudiants statisticiens économistes béninois ont dû faire le pied de grue avant que le gouvernement Talon n’autorise l’organisation du concours du Centre d’appui aux écoles de statistique africaines (CAPESA), qui sélectionne les meilleurs étudiants économistes statisticiens de la sous-région ouest africaine pour aller suivre une formation d’ingénierie dans les grandes écoles de statistiques du Sénégal, du Cameroun ou de la Côte d’Ivoire.

Selon l’avis de concours adressé par le CAPESA aux Etats concernés par ledit concours, il est mentionné que « les lauréats pourront adresser des demandes de bourse à leur gouvernement en sollicitant l’appui des Directions nationales de la statistique ou par leur intermédiaire, à l’organisation des Nations Unies, à ses agences spécialisées ou à d’autres organismes de coopération multilatéraux ou bilatéraux ».

Mais dans un communiqué en date du 30 janvier 2017, le ministère de l’enseignement supérieur du Bénin a interdit toute possibilité d’octroi de bourses de l’Etat béninois aux candidats admis au concours. « Aucun candidat admis ne peut se prévaloir de son admission pour demander une quelconque bourse au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique », pouvait-on lire dans le communiqué du ministère.

Et pourtant, en avril 2016 à l’Elysée, le Chef de l’Etat béninois avait déclaré ceci : Il est difficile aujourd’hui d’avoir la compétence gratuitement… Nous voudrions pouvoir compter sur vous (la France – ndlr) pour nous donner des cadres, pour nous apporter de l’assistance technique pendant quelques mois, le temps que nous parvenions nous-mêmes à former les cadres dont nous avons besoin.

Face à la réalité, c’est à croire que le Bénin n’a besoin d’ingénieur statisticiens économistes capable de concevoir des programmes de développement et d’organiser, administrer et diriger un service à compétence statistique et économique, si tant est que, selon le Chef de l’Etat, ceux dont dispose le pays ont des compétences désertiques.

Les étudiants sélectionnés à l’issue du concours sont dans le désarroi total. Toutes leurs tentatives auprès de la Direction des bourses et secours universitaires (Dbsu) et des autorités ministérielles pour faire restaurer cette bourse que l’Etat béninois offre depuis plus de 15 ans aux talents sélectionnés par le CAPESA sont restées vaines alors que la rentrée est fixée au 02 octobre 2017 dans leur pays d’accueil.

« Nos parents n’ont pas les moyens de supporter toutes les charges … Nous prions toute bonne volonté et les organisations de la société civile pour qu’ils nous aident a obtenu ce qui nous revient de droit … Nous prions encore vivement notre cher Président M. Patrice Talon de nous aider… », a imploré une étudiante de 21 ans sélectionnée à l’issue du concours.

Les élites de l’aviation civile contraints à la misère …

À travers les concours organisés entre 2010 et 2013 par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), le gouvernement béninois a recruté et fait former dans la prestigieuse Ecole africaine de la météorologie et de l’aviation civile (EAMAC) à Niamey, 27 talentueux techniciens de parcours élogieux au profit de l’aéroport de Tourou (Parakou).

L’aéroport de Tourou n’étant pas achevé, ces techniciens ont été mis en stage à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou où ils sont contraints à la misère. En effet, ils sont salaires et ne vivent que d’une prime mensuelle de cinquante mille francs cfa. Selon les informations, les démarches menées depuis bientôt trois ans par ces jeunes cadres de l’aviation civile béninoise dans le but d’améliorer leurs conditions de vie se sont révélées vaines.

Les contraintes mêlées à la précarité et la misère sont le lot quotidien de ces techniciens supérieurs qui ont fait la fierté du Bénin au cours de leur formation. Ils bravent la pluie et le soleil pour répondre aux obligations dans l’insouciance absolue des autorités béninoises en l’occurrence le ministre des infrastructures et des transports, Hervé Hèhomey.

Des actions populistes !

Après la proclamation des résultats des examens de fin d’année, les béninois étaient témoins de l’empressement avec lequel le Ministre de l’enseignement supérieur, Marie Odile Attanasso, la première dame, Claudine Talon, et certaines autorités du pays ont encouragé les meilleurs élèves aux différents examens en leurs offrants des kits scolaires et bien d’autres lots comme si l’octroi de quelques cahiers et stylos ou de quelques gadgets suffit pour faire révéler les talents béninois.

Sans versé dans le populisme, le gouvernement Talon aura certainement à se donner les moyens nécessaires pour relever avec efficacité le défi de la formation de ses cadres ceci en adéquation avec les orientations stratégiques qu’il aurait défini à moyen et long terme. Aussi, l’exploitation adéquate des compétences disponibles s’avère être l’autre défi de taille. Sans quoi, le régime Talon aurait passé à côté de son ambition de promouvoir les compétences béninoises et les propos du Chef de l’Etat à l’Elysée ne seront que de mauvaise blague.

La CIIS, une initiative qui peine à prendre …

Inscrit au Programme d’Actions du Gouvernement Talon la Cité International de l’Innovation et du Savoir (CIIS) a pour vocation de promouvoir l’émergence de centres d’excellence dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, ainsi que l’éclosion de champions nationaux et régionaux dans des domaines innovants. Lancée officielle le 28 juin 2017, cette initiative du régime Talon peine à voir le jour.

Avec pour but d’offrir un cadre stimulant pour répondre, à travers l’enseignement, la formation et l’entrepreneuriat, aux besoins de compétences des marchés africains, la CIIS a pour objectif de former des cadre aptes à entreprendre. A ce titre, elle proposera une offre éducative multidisciplinaire, multilingue et à fort lien avec les entreprises et la recherche, comprenant des programmes de formation diplômante ou qualifiante, des programmes de formation professionnelle et technique ainsi que des programmes de formation continue.

Source : https://beninwebtv.com/2017/08/promotion-de-lexcellence-benin-demagogie-lemporte-actions-concretes/

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