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Politique / Société & Santé

Réflexions sur 27ans de démocratie au Bénin : un passif de plus en plus lourd

Réflexions sur 27ans de démocratie au Bénin : un passif de plus en plus lourd

Par Hugues Comlan Sossoukpè

11/12/1990 – 11/12/2017 : aujourd’hui, le texte fondateur de notre République a 27 ans. 27 ans d’expérience démocratique, 27ans de paix et de stabilité, mais aussi 27ans d’attente, d’espoir. En effet, depuis l’instauration de notre constitution en 1990, le peuple béninois a fait preuve d’une grande maturité face aux diverses crises post constitutionnelles. C’est le lieu de rendre un hommage mérité au feu président Mathieu KEREKOU. Notre constitution nous a permis d’asseoir les bases d’une Nation stable où règnent relativement paix, sécurité, liberté d’expression et d’opinion, d’association, etc. Ce sont des acquis certes importants, mais la stature de notre démocratie citée en exemple partout dans le monde exige de nous beaucoup plus. D’ailleurs, les espoirs initiaux des Pères, les vœux de progrès politique, socioéconomique, d’émancipation culturelles, etc. qui occasionnèrent sa genèse sont restés vœux pieux.

En 27ans, notre démocratie a mûri ; tellement qu’elle est devenue un piège pour elle-même et pour un pays qui a soif de développement. Tel un enfant qui grandit, la loi fondamentale du Bénin a besoin de faire sa toilette, de se débarrasser de ses imperfections pour intégrer des dispositions plus modernes, des mécanismes plus adaptés à nos réalités et à nos pratiques en vue de traduire plus efficacement notre vision nouvelle du développement de notre pays. Malheureusement, tel un fétiche, la constitution du 11/12/90 reste et demeure encore intouchée. Comment pouvait-il en être autrement quand sur le dos de cette même constitution, les hommes politiques sous le moelleux couvert de la démocratie et des grands principes (tels intérêt général, biens communs, etc.) devenus incantations pour endormir les consciences, ont tissé le voile de l’égocentrisme, de l’intérêt personnel, du favoritisme ayant à leur tour fait le lit à la méfiance collective, aux détournements de biens publics, aux concours frauduleux, aux trucages électoraux, à une gouvernance solitaire, sans vision, et j’en passe. La cupidité est devenue la chose la mieux partagée par les décideurs, ceux-là même qui ont la responsabilité d’œuvrer pour le développement. Notre démocratie manque de vision, d’ambitions, de moyens et d’hommes sages pour la porter. La cupidité a altéré le raisonnement de ceux qu’on croyait sages et modèles.

La volonté politique si elle a un instant existé a déserté le forum. Et ainsi, le Bénin et sa démocratie nagent au gré des intérêts de gouvernants égarés, trompeurs, sans ambitions depuis 27ans.
Voilà en réalité le triste héritage des 27ans de démocratie que nous commémorons aujourd’hui. On aura droit une fois de plus à des discours élogieux, à des cocktails pompeux pour célébrer notre peu d’effort, pour ne pas dire notre échec. Hier sur l’ORTB, j’ai suivi deux émissions différentes et j’ai noté deux interventions qui continuent de donner du fil à retordre à mon esprit et ma mémoire :

– dans l’émission Club media 7, un des intervenants (Arnaud BEHANZIN en l’occurrence) disait que le Président TALON a voulu réviser la constitution et que le peuple s’y est opposé : contre-vérité absolue ! Le peuple appelle cette révision de tout son vœu, mais il faudra le faire avec lui pour lui, seul détenteur de la légitimité et de la souveraineté. C’est la vision du peuple, ses aspirations légitimes que les gouvernants doivent traduire noir sur blanc et non les fantasmes de quelques uns qu’on tente d’imposer à tous. Abandonner le projet de révision signifie à mon sens ne point vouloir prendre en compte la volonté populaire car le peuple ne rejette pas l’idée de révision, mais plutôt les propositions qui ne lui paraissaient pas plus sensées que celles en vigueur actuellement. C’est un appel au gouvernement à reconsidérer les choses puisque nous dit-on, nous sommes à l’ère des réformes. Finissons-en une fois pour toutes afin d’éviter qu’un autre régime fut-il en 2021 ou en 2026 ne vienne à nouveau nous distraire avec les mêmes bobards.

– dans une autre émission sur la même chaine, le Professeur Roger GBEGNONVI, non sans déplorer le fonctionnement de notre démocratie et de système politique et de gouvernance, s’en ira jusqu’à émettre le vœu que notre pays fût sous un système qu’il désigne ‘’JJ RAWLINGS deuxième version’’. Ceci donne à réfléchir. Ne dit-on souvent pas que la démocratie est un privilège de pays riches ! Bilan peu élogieux, passif lourd pour mon pays.

Pour finir ma réflexion, je vais simplement lancer un appel à une prise de conscience individuelle et collective. Nous devons arrêter de scander constitution, démocratie, liberté etc. pour servir nos intérêts et obstruer les voies du progrès. Nous avons envers nous-mêmes et envers la postérité le devoir de travailler sincèrement et durablement au développement et à l’émancipation de notre Nation. Ce devoir exige une volonté politique ferme, déterminée mais surtout éclairée et désintéressée. Chers gouvernants, travaillez inlassablement ! Chers compatriotes, cultivons l’effort, l’esprit de sacrifice, de justice et de solidarité. Apprenons à décourager les vautours, les imposteurs, les manipulateurs qui se servent de nos misères, de nos erreurs et parfois de notre ignorance pour s’enrichir et hypothéquer notre avenir, le développement du Bénin et notre démocratie qui, de fait demeure vide de sens après 27ans.

Bonne commémoration à tous !

Source :https://www.facebook.com/comlanhugues.shgjossoupke/posts/1515050798573324

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