Partager ce Post

À la Une / Société & Santé

Une analyse pleine de maturité de Mylène Flicka sur la taxation de la communication

Une analyse pleine de maturité de Mylène Flicka sur la taxation de la communication

La manière dont on pose une question fragmente la réponse. La manière de concevoir une chose détermine l’utilisation qu’on fera de celle-ci.

La grande génération au Bénin a toujours considéré la technologie/internet comme une mauvaise chose, un objet de divertissement, un facteur de trouble.

Je ne suis pas étonnée du décret et des propos du ministre Wandagni : Ce n’est que le reflet de leur pensée.

Combien parmi vous n’a pas entendu cette fameuse phrase des parents : « Tu es encore sur WhatsAppou, tu es gayman ? »

Il m’a fallu du temps et de l’éducation pour que mes parents comprennent que je ne m’amusais pas sur internet mais que je faisais quelque chose qui avait de l’impact.

Ce qui me désole, ce n’est pas tant la mesure mais ce qu’elle dit de nos mentalités. Au lieu d’éduquer à une saine utilisation des réseaux sociaux, on punit. Parce que oui : cette mesure est une punition dissuasive.

Elle est à l’image de ces 250 millions qu’il va falloir payer désormais pour se présenter aux élections présidentielles.

Si le gouvernement s’inquiétait autant des fakes News, des intoxications et des mauvais usages :

Pourquoi ne pas convoquer les acteurs du numérique pour éduquer et sensibiliser ? Pourquoi ne pas lancer un programme pour inviter à un usage sain des réseaux sociaux ?

Je trouve qu’on veut résoudre différents problèmes avec une même solution.

En outre, il y a un truc qu’il faut pouvoir accepter : On ne peut pas imposer aux gens l’utilisation qu’ils font des réseaux sociaux voire d’internet.

Facebook ou Twitter ne sont pas des nids de religieuses, ce n’est pas une église ou une mosquée qui a des règles de vertus. Ce serait même bigot de le penser.

Pendant que certains utilisent les réseaux sociaux pour discuter, s’amuser, d’autres font du business avec cela. Maintenant : Les seconds ont besoin que les premiers puissent se connecter sans faute pour écouter ce qu’ils ont à dire.

On ne construit pas un business pour le désert. On a besoin de ceux qui écoutent. Donc taxer le ludique c’est aussi taxer le non-ludique. Pas besoin de faire Harvard pour le comprendre.

J’ai lancé Irawo sur internet parce que ça revenait moins cher qu’un magazine papier. J’avais 18 ans, pas de boulot, pas d’argent. J’utilisais 1G par jour pour créer et publier le contenu. Lol. Si cette mesure existait en ce temps, j’aurais pris du recul.

Tant de choses à dire sur ce sujet. J’ai la sensation que le gouvernement devrait mieux écouter les besoins de sa population : Acceptez la divergence car elle ne signifie pas l’opposition. Vous ne pouvez pas prétendre faire du bien à une population que vous ne comprenez pas.

Ce pays n’est pas pour vous. Il est à nous. Il est aux jeunes. Internet est la chance de notre génération. Si internet n’existait pas, nous ne serions pas ce que nous sommes : Cet outil a formé, fait le succès, et élevé beaucoup de jeunes talents.

Enfin, le Bénin ne fait rien de sa jeunesse. Strictement rien. Ma jeunesse manque de repères : Le gouvernement ne lui en donne pas. Mais ces repères, elle les trouve sur internet, à travers les réseaux sociaux, Irawo, à travers les autres nationalités qu’elle côtoie au jour le jour.

Internet c’est nos yeux sur le monde. Les Réseaux sociaux notre voix dans la mélodie universelle. Les mœurs ont changé. Les gens aussi.

Ma jeunesse manque d’espaces d’expression. Donnez moi à Cotonou les endroits où on peut voir la jeunesse exprimer son talent : Il n’y en a presque pas. A moins que ton talent c’est de vider un casier de bières. Ma jeunesse utilise internet pour montrer son talent au monde, recevoir des avis, s’améliorer, se vendre.

Connaissez-vous vraiment la jeunesse béninoise ? Ou la voyez-vous juste à travers le prisme d’une époque passée ? Ayez l’humilité de reconnaître que vous ne comprenez pas la jeunesse béninoise.

Écoutez les jeunes. Cessez de regarder uniquement le côté négatif qui vous plaît. Travaillez sur le positif.

Ma jeunesse manque de voix. Personne ne l’écoute. On fait même semblant de ne pas la voir, ni l’entendre. Avec les réseaux sociaux, ma jeunesse parle. Taxer ses mots, c’est la bâillonner.

Ce décret n’est pas la solution. Il existe de meilleures solutions aux problèmes dont vous parlez, M. Le Ministre. Mais ce décret-là…retirez le.

Merci.

#TaxePasMesMo

Partager ce Post

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Lost Password

Register

Pin It on Pinterest

Share This

Hey there!

or

Sign in

Forgot password?
Close
of

Processing files…