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Société & Santé

Vie de couple au Bénin : quand le modernisme emporte le concept du « vrai » mariage

Vie de couple au Bénin : quand le modernisme emporte le concept du « vrai » mariage
Le regroupement de deux personnes de sexe différent a été reconnu, depuis la lune des temps, par les lois et règles qui constituent le fondement même du mariage et donc de la famille. Mais aujourd’hui, le concept a tellement évoluer que parler du mariage entre deux sexes opposés serait de vivre dans un monde en ignorance des nouvelles dispositions qui le régissent. Contrairement à ce qui se passait depuis l’ancien temps quant au mariage, l’homosexualité s’est incrustée dans la société et les habitudes, les mentalités changent désormais à propos de ce concept de mariage. Du coup, les normes et dispositions d’antan sont bafouées au profit de ce « modernisme ».

 Le philosophe Voltaire, au début du 6ème siècle, dans le dictionnaire philosophique du droit canonique, définissait déjà le mariage comme étant «  une union légitime de l’homme et de la femme pour avoir des enfants, pour les élever, et pour leur assurer les droits des propriétés sous l’autorité de la loi ».  Aujourd’hui et des siècles après cette définition, ce concept a beaucoup évolué et l’énumérer  ainsi  pourrait changer complètement les habitudes auxquelles l’on assiste depuis quelques décennies.

« L’union n’est plus cette affaire d’un homme et d’une femme mais plutôt une union entre deux êtres humains, peu importe leur sexe »,tente de définir le sociologue Samuel sur le nouveau concept du mariage dans ce monde si modernisé.

Tout en arguant sa définition, le sociologue évoque les termes liés au lesbianisme, à l’homosexualité, à la bisexualité et bien d’autres concepts qui occupent désormais le quotidien des êtres vivants sur la planète terre.

Dans la tradition et selon les faits historiques concernant le mariage au Bénin, c’est tout un processus qui est basé sur les vraies valeurs culturelles, cultuelles et traditionnelles que les sages et gardiens du temps jugent important de préserver aujourd’hui.

Sa majesté Houézèzoun Alochéou est roi dans la vallée de l’Ouémé, une région située à 20 km ouest de Porto-Novo, capitale du Bénin. Garant de la tradition et de la culture ancestrale, cette tête couronnée dit être encore nostalgique de cette époque où le mariage se faisait entre deux familles et non entre deux individus.

« A cette époque, ce n’était pas les individus qui se mariaient mais plutôt les familles puisque tout se négociait entre les deux familles et non entre la fille et le garçon », « raconte sa majesté tout  en précisant qu’il arrive parfois où ces deux êtres qui seront appelés à rester en couple ne se soient jamais croisés dans leur vie. « C’était même le socle et le secret de stabilité dans les foyers », renchérit pour sa part Firmin, octogénaire et dignitaire du culte Hèbiosso, dieu du tonnerre.

Le mariage à l’épreuve de l’homosexualité

 Comme on pouvait le constater ces dernières années, l’évolution du monde et l’imposition presque de ce phénomène d’homosexualité dans les sociétés ont totalement bouleversé les anciennes habitudes et ont presque  tordu le cou aux valeurs traditionnelles qui faisaient pourtant la fierté des communautés béninoises. Bien que, dans de nombreuses cultures du pays, au cours de l’histoire, des femmes ont eu des relations sexuelles avec d’autres femmes, elles ont rarement été désignées avant le XXe siècle comme faisant possiblement partie d’un groupe défini et autonomiste, sur le plan culturel et social, et nouvellement sur le plan sexuel.

Ce dernier constituant un argument sociologique et comportemental inédit, est présenté comme le point d’orgue de l’antagonisme à une constitution normative persévérante des schémas moraux au sein de la société (à partir du schéma sexuel), doublement aliénante pour elles, compte tenu de la position peu influente de l’ensemble des femmes sur le plan politique jusqu’à la fin de celui-ci.

Puisqu’il n’est pas aujourd’hui évident que cette communauté d’hommes et de femmes qui se disent homosexuels soient totalement et entièrement reconnue comme tel dans la société béninoise, des combats se mènent faisant ainsi  pression sur les différents décideurs afin que leur soit octroyé le texte régissant leur choix sexuel.

Malgré donc cette bataille si âprement menée, des pesanteurs sociologiques font qu’elles n’arrivent pas à assumer en toute responsabilité leur statut d’homosexualité. Cela ne peut qu’être ainsi, nous signalent les praticiens du droit qui évoquent d’ailleurs  le code des personnes et de la famille. Selon la loi N°2002-07 du 24 août 2004 portant code des personnes et de la famille, l’article 123 stipule que

« le mariage ne peut être contracté qu’entre un homme âgé d’au moins dix-huit (18) ans et une femme âgée d’au moins dix-huit (18) ans, sauf dispense d’âge accordée pour motif grave par ordonnance du président du tribunal de première instance sur requête du ministère public ».

Cet article est précédé de celui 113 qui, parlant des fiançailles évoque que « ces dernières sont une convention solennelle par laquelle un homme et une femme se promettent mutuellement le mariage ».

S’appuyant donc sur ces articles contenus dans la loi suscitée portant code des personnes et de la famille, « l’acceptation de ces homosexuels constitue la grosse problématique à moins d’une modification de cette loi toujours en vigueur d’ailleurs au Bénin  », s’interroge Rebecca qui voit, dans le mariage homosexuel « un sacrilège ». « Je ne comprends pourquoi le Béninois s’efforce à ramener et à imposer ces pratiques occidentales qui n’ont rien de commun avec les valeurs à nous léguées par nos ancêtres et qui ont toujours fait la fierté des Béninois ? »

Sur le plan religieux, les avis sont unanimes avec les responsables religieux qui estiment d’ailleurs que le monde ne serait pas monde si Dieu, en créant Adam, ne mettait pas à ses côtés Eve, une créature féminine.

« La Bible a expressément mis accent sur le mariage entre une femme et un homme pour une procréation. C’est bafouer l’ordre biblique et les valeurs qu’enseigne ce livre saint », a sévèrement lancé l’abbé Thierry, prêtre de l’église catholique.

Le  mariage de « rue »

Le mariage à la modernité ne se limite malheureusement pas à cet éternel phénomène d’homosexualité ou autre. Il est caractérisé également au Bénin par ce mariage qui se fait dans les rues. Bien évidemment, le mariage de rue ne devrait pas être considéré dans son premier sens puisqu’il n’a rien de commun avec le fait de le célébré dans les rues ; ce qui donnerait certainement un cachet insolite et inédit à ce type de mariage.

Le mariage de rue selon sa majesté Alochéou Houézèzoun, roi dans la vallée, « c’est le fait de se mettre en union avec quelqu’un sans connaître ses parents ni se fait connaître par ceux de ce dernier ». Une chose qui bafoue la pratique ancestrale qui voudrait que le mariage soit célébré et fait entre deux famille plutôt de deux individus.

Adissath est originaire de Tanguiéta, une localité située au nord du Bénin. Elle vit à Cotonou avec sa grande sœur et y réside depuis 2009. Aujourd’hui mariée à Albert, Adissath affirme n’avoir jamais connu les parents de son mari (3 ans déjà de vie conjugale) à part deux de ses « supposés frères » qui viennent souvent leur rendre visite. Sourire aux lèvres et avec un ton amusant, le mari, Albert, affirme que c’est un  cas pareil puisqu’il ne connaît que sa sœur avec qui elle a passé tout son temps à Cotonou. En conclusion pour ce couple si jeune et frais, aucun des deux ne connaît la « famille » de l’autre.

« Je n’ai ni fait la connaissance de ses parents, ni faire une dot avant de la prendre sous mon toit »déclare fièrement Albert qui argue que le plus important est d’être heureux avec son partenaire dans le couple.

Leur aventure amoureuse, commente la jeune fille, a débuté dans un bar où elle travaillait en tant que serveuse. Du coup de foudre, les deux tourtereaux se sont décidés de s’unir sans autre forme réglementaire.  Aujourd’hui avec un enfant de six (6) mois, les deux semblent visiblement ignorer les normes traditionnellement reconnues en matière de mariage au Bénin.

Si pour ce couple tout semble se dérouler sans anicroche jusqu’à présent, Moïse, trente deux (32) ans, conducteur de taxi Cotonou-Lomé, a connu il y a quelques semaines, le pire cauchemar de sa vie.

Lors de ses voyages du retour de Lomé, nous narre-t-il, il a croisé à la hauteur de Guévié dans le Mono, une jeune fille de 28 ans à peine. Il l’installe sur le siège de devant et ne s’est pas empêché de lui faire des avances. « Je ne pourrai pas résister à sa beauté et surtout à son caractère si calme et inoffensif », avoue-t-il avec peine.

Les choses se sont accélérées puisque quelques jours après cette première rencontre, la fille lui a rendu visite. Une visite sans fin parce que cette dernière aurait refusé de repartir. Sans connaître aucun membre de sa famille, Moïse se met en concubinage avec Estelle et les quelques contacts sexuels ont abouti à une grossesse.

« Après s’être rendu compte de la présence de cette grossesse, j’ai décidé de connaître les membres de sa famille mais elle avait toujours jugé inopportune l’occasion et pour elle, le moment idéal serait après l’accouchement où on leur annoncera en même temps la bonne nouvelle », nous confie Moïse les larmes aux yeux.

Mais c’est le contraire de cette bonne nouvelle qui sera annoncée puisque la grossesse, dans son 8ème mois, a eu de complication et la fille n’a pas pu survécue. Grave situation à gérer désormais puisqu’entre temps, la tante maternelle de la fille, l’unique membre de la famille qui connaît Moïse, leur rendait visite et était même au chevet de sa fille quand elle rendait l’âme. « Le corps de ma concubine est toujours à la morgue étant donné que les parents n’ont pas accepté sa mort et surtout les conditions de son décès » articule difficilement Moïse.

« C’est l’une des fâcheuses conséquences d’un tel mariage de « rue » », se désole Rebecca.

En dehors de ces désagréments à l’extrême, le mariage de « rue » serait à l’origine de nombreuses séparations des couples après seulement quelques mois ou années passés ensemble. Et pour nombre des personnes du troisième âge, les disputes, les altercations, les injures, l’instabilité et la mal compréhension sont des tasses quotidiennes qui s’invitent dans la vie conjugales et qui finissent par séparer les êtres qui, au début de leur aventure, se disaient amoureux pour la vie.

A défaut donc de retourner dans les pratiques ancestrales et de procéder au mariage comme l’exigent les us et coutumes du Bénin, des gardiens de ces traditions exigent au moins les pas qu’ils jugent élémentaires qui se résument à la connaissance des membres de la famille.

« Plus qu’un poids, c’est de l’estime pour le marié dans sa belle-famille »,conclut Rebecca, octogénaire et toujours mère au foyer.

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